Courez contre les virus !

Même avec toutes ces épreuves annulées, continuez à courir, c’est bon pour votre système immunitaire !

Pendant longtemps, on a considéré que les sports d’endurance, comme la course à pieds, avait des effets négatifs sur le système immunitaire, vous rendant davantage susceptible de vous retrouver avec une bonne grippe ou, au hasard, de subir les assauts d’un coronavirus comme le désormais célébrissime Covid-19. Seulement, une méta-étude de l’université de Bath (Grande-Bretagne) parue en 2018, basée sur trente ans de recherches sur le sujet, montre que, bien loin de mettre à mal votre système immunitaire, les sports d’endurance, au contraire, lui donnent un coup de boost !
« Une activité physique régulière est bénéfique ou, a minima, ne menace pas les performances de votre système immunitaire », écrivent ainsi les auteurs de l’étude. En effet, il est prouvé que faire du sport de façon fréquente va limiter, voire retarder, le vieillissement du système immunitaire.
Mais d’où vient l’idée selon laquelle le sport va vous mettre le système immunitaire au fond des chaussettes ? James Turner et John Campbell, les auteurs de l’étude, ont donc examiné plus de trente ans de recherches sur le sujet. Et ils se sont rendu compte que, dans les années 80, des études ont commencé à relever que des coureurs de marathons et d’ultras avaient plus de risques que la moyenne de développer les symptômes d’infection dans les jours ou les semaines suivant la course. Résultat : il a depuis été considéré que les sports d’endurance rendaient les risques d’infection plus probables en affaiblissant le système immunitaire.
Le problème, c’est que ces études n’ont jamais confirmé qu’il s’agissait bien d’infections en testant les patients en laboratoire. Et des recherches plus récentes ont découvert que la plupart des symptômes connus par les coureurs après un marathon n’étaient pas dus à des infections mais à d’autres facteurs tels que des allergies.

Les lymphocytes jouent à cache-cache

Et si les scientifiques ont récemment constaté que le sport avait bien un effet sur le système immunitaire, ce n’est pas dans le sens que l’on pensait : initialement, pendant un exercice, le nombre de cellules immunitaires augmente de façon spectaculaire. Ainsi, les lymphocytes T, dont le « travail » est de s’occuper des infections, peuvent voir leur nombre multiplier par 10. Puis, une fois l’exercice terminé, certaines de ces cellules immunitaires vont voir leur nombre chuter dans le sang, tombant parfois en-dessous du niveau connu avant la séance.
De nombreux scientifiques ont interprété cette chute comme un signe que l’exercice a un impact négatif sur le système immunitaire. Mais nous savons maintenant que « moins de cellules immunitaires dans le sang » n’est pas égal à « cellules immunitaires détruites ». En fait, les cellules vont migrer vers les endroits de l’organisme qui sont les plus susceptibles de subir les assauts d’une infection. Un exemple : les poumons. En effet, une respiration plus rapide et profonde, lorsque l’on fait du sport, augmente le risque d’inhaler un agent infectieux. Alors nos petites cellules immunitaires prennent leurs valises et filent vers les poumons histoire de les protéger après votre sortie.

Emporté par le foule

Une autre raison qui poussait les scientifiques à penser que l’immunité était compromise après l’exercice était la faible présence de protéines antibactériennes et antivirales dans la salive après un marathon. Ces protéines, comme l’immunoglobuline-A (IgA), sont en première ligne pour combattre, ainsi que leurs noms l’indiquent, les bactéries et les virus qui veulent s’installer chez vous via la bouche ou le nez. Le souci, c’est que les études, à l’époque, n’avaient pas pris en compte des facteurs techniques lors de la mesure des IgA. Ainsi, leur niveau dans la salive varie selon votre état de stress, votre régime, votre hygiène buccale et même si vous avez la bouche sèche.
Cependant, attention : même si courir un marathon ou vous lancer dans une autre activité physique intense ne va pas augmenter vos « chances » d’attraper un rhume ou quelque chose d’un peu plus embêtant, d’autres facteurs liés à l’activité physique pourraient, en revanche, être déclencheurs.
« Dans un premier temps, il faut se rendre compte que participer à un évènement qui regroupe autant de personnes, comme un marathon, augmente vos risques de vous retrouver nez à nez avec une infection », notent Turner et Campbell. « De plus, les transports, et plus particulièrement les vols en avion sur de longues distances, où il va être compliqué de trouver un sommeil réparateur, peuvent aussi augmenter vos risques d’infection. D’autres facteurs, comme un régime alimentaire inadéquat, le fait de courir en ayant froid ou en étant mouillé, et le stress psychologique sont également des facteurs aggravants. »
« Dans ce cadre, il est important de faire attention à son hygiène (NDLR : mais ça, depuis l’arrivée de monsieur Covid-19, on devrait le savoir encore plus !) : lavez vous les mains avec du savon ou une solution hydroalcoolique. Evitez de vous toucher la bouche, les yeux et le nez. Ne partagez pas votre bouteille d’eau et, bien entendu, limitez au strict minimum vos interactions avec des gens présentant des signes d’infection. »
Mais ce que vous ne devriez pas éviter, c’est l’exercice physique : « Etant donné le rôle primordial de l’exercice dans la réduction des risques cardiovasculaires, du cancer ou encore du diabète de type 2, nous insistons sur le fait qu’il ne faut pas abandonner l’idée de faire du sport par peur du risque infectieux ! Il est désormais extrêmement clair que les bénéfices de l’exercice dépassent très largement les effets négatifs supposés d’une telle activité ! »

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