Marathon de Valence : Florian Carvalho vise les 2h10

Ce dimanche 6 décembre, Valence organise son habituel marathon, réservé cette année exclusivement aux coureurs élites. Plus de 200 athlètes, venus de toute la planète seront sur la ligne de départ. Parmi eux, Florian Carvalho.

Crédit photo : StadionFFA

L’ancien pistard (vice-champion d’Europe du 1500 m en 2012) de 31 ans fait partie du joli contingent français engagé ce dimanche 6 décembre sur le marathon de Valence. Si la sélection française pour les JO de Tokyo en 2021 semble déjà actée (avec Amdaoui, Chadhi et Navarro), cela n’empêche pas Florian Carvalho d’être ambitieux.

Jogging International : Florian, avec quels objectifs vous engagez-vous dimanche sur ce marathon ?

Florian Carvalho : Mes objectifs sont simples. Je cherche à battre mon record personnel, qui est de 2h12’53’’ (réalisé sur le marathon de Paris en 2019) afin d’atteindre les minimas qualificatifs et mieux, essayer d’aller chercher cette marque de 2h10. Même si je sais que la qualification pour Tokyo est acté, réaliser les minimas (2h11’30) me confortera dans l’idée que je suis capable de le faire. Ça me donnera une expérience de plus dans l’objectif à long terme que sont les JO de Paris 2024. Mais déjà, si j’arrive à battre mon record, ce sera quelque chose de fait, qui viendra parfaire une belle préparation. C’est aussi l’occasion de remettre les pendules à l’heure car j’avais abandonné l’an dernier à Valence, au 37e km. J’espère donc aller au bout. Tous les voyants sont au vert. Après, le prochain objectif, ce sera de se qualifier pour les championnats du monde 2022, ça passera par un autre marathon à l’automne prochain.

JI : Le marathon de Valence est propice à la performance, c’est donc l’occasion de réaliser un super chrono ?

FC : En effet, le parcours est vraiment rapide, les conditions sont très bonnes et la densité font que tout est fait pour performer. Par exemple, dans le groupe des 2h10, on sera surement une trentaine de coureurs. Ca fait plaisir, car on sait qu’on ne sera jamais tout seul. Etre en groupe, ça t’amène à te surpasser. Etre plusieurs sur les derniers kilomètres te permet de t’accrocher, ça n’a rien à voir par rapport au fait d’être seul et dans le dur pour maintenir un rythme. Le seul problème, d’être autant, ce sont les ravitaillements. Parfois tu n’es pas très libre. L’an dernier par exemple, j’avais raté mon ravito à cause de ça.

JI : Vous vous consacrez à la distance du marathon depuis 2 ans et demi, ça prend du temps pour être performant sur cette épreuve ?

FC : J’avais prévu au départ de passer sur marathon en 2020 et finalement, avec les coachs, on a décidé de s’y mettre plus tôt. Ils m’ont fait prendre conscience qu’il fallait de l’accumulation. Ca fait deux ans et demi que je m’entraîne pour ça et j’apprends encore. Il y a l’expérience et la gestion de l’effort et des kilomètres qui entre en compte dans la réussite d’un marathon. Il y a des tas de paramètres à considérer comme la gestion des ravitaillements, l’amont de la course. Chaque marathon est différent, il y a toujours des passages plus durs et d’autres plus faciles sur une course. On le sait mais selon les marathons, ce ne sera jamais au même moment. C’est là qu’il faut savoir franchir mentalement un cap. Je pense que j’ai encore beaucoup à travailler.

JI : La transition du 1500 mètres au marathon a été difficile ?

FC : Ca aurait été dur si ça avait été imposé. Là, c’est un choix personnel. Après c’est vrai que ce sont deux disciplines qui n’ont rien à voir. Mais c’est quelque chose qui me plaît. J’en apprends beaucoup sur moi-même et j’ai l’impression de découvrir autre chose. Ce ne sont pas les mêmes douleurs par exemple. Le seul inconvénient du marathon, c’est que même si la préparation s’est super bien déroulée, le jour de la compétition, on est dépendant des conditions, des aléas de la course. Après, la foulée a changé, il faut être un peu plus rase-motte, moins en puissance, mais elle s’adapte naturellement. Comme je suis assez robuste, au niveau musculaire et des tendons, je n’ai pas eu de pépins. Et puis, il faut l’avouer, avec les nouvelles technologies de chaussures (il court avec les adidas adios pro NDLR), c’est aussi plus simple. Le plus dur est finalement de revenir sur la piste.

JI : Comment avez-vous géré cette année 2020 si particulière avec le COVID mais où vous remportez le championnat de France de 10 000 m et battez votre record sur semi ?

FC : J’avais prévu de courir les France de cross, ils ont été annulés et après on a été confiné. Comme je pratique la course comme une passion, j’ai pu maintenir une bonne activité pendant le confinement. Quand j’en suis sorti, j’étais vraiment bien. Après une petite coupure début juillet, je suis parti en stage à Font-Romeu. A la fin du stage, j’ai enchainé sur le titre de champion de France de 10 000 mètres. J’ai été surpris, surtout de la manière car j’ai mené une bonne partie de la course. Je suis surtout satisfait de mon chrono de 28’04. On a profité de cette qualité de vitesse pour enchaîner sur la prépa marathon. Ça a très bien fonctionné pour les championnats du monde de semi-marathon en Pologne, où je réalise mon record en 1h00’58’’. Je ne m’attendais pas à être aussi bien mais encore une fois, le fait d’être dans un groupe, la concurrence m’a fait me surpasser sur les derniers kilomètres. C’était très plaisant !

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Sur ce marathon de Valence, l’organisateur annonce la présence de plus de 200 athlètes venus de 43 pays. Parmi les grands favoris, on retrouvera les Ethiopiens Birhanu Legese et Kinde Atanaw aux records personnels respectifs de 2h02’48 et 2h03’51. Le premier cité a même annoncé vouloir tenter de battre le record du monde actuel de 2h01’39… Parmi les autres prétendants à la victoire, on peut citer aussi :  Leul Gebreselasie (2h04’02), vainqueur en 2018 ; Lawrence Cherono (2h04’06) ; Kaan Kigen Özbilen (2h04’16), recordman d’Europe du marathon ou encore Lelisa Desisa (2h04’45) .

Au total, 35 athlètes possèdent des records inférieurs à 2h10. Parmi eux, le Français Hassan Chadhi (2h09’55). Chez les tricolores, on retrouvera également Nicolas Navarro (2h10’01), Florian Carvalho (2h12’53) et Medhi Frère (2h14’’23).

Chez les femmes, à souligner la participation de Ruti Aga (2h18’34), Birhane Dibaba (2h18’35), Degitu Azemiraw (2h19’26), Zeineba Yimer (2h19’28) ou Tigist Girma (2h19’52), toutes en-dessous des 2h20. La présence de Joyciline Jepkosgei, vainqueure du marathon de New York en 2019, est aussi prévue.

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