• Audrey Tanguy vise le record de France du 100 km

    Le 23 janvier, plusieurs dizaines d’athlètes de la Team Hoka tenteront de battre le record du monde du 100 km. Parmi eux, une française, Audrey Tanguy. La Savoyarde s’élance sur un challenge très éloigné de sa zone de confort mais avec de grandes ambitions.

    Elle fait aujourd’hui partie des meilleures ultra-traileuses du circuit mondial et pourtant Audrey Tanguy va bien débuter sa saison par une épreuve sur route. Et pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit d’un 100 km. La Savoyarde participe à l’évènement appelé Project Carbon X2, qui vise à promouvoir, comme son nom l’indique, la toute dernière pépite technologique de Hoka One One : la Carbon X2. Une chaussure à plaque de carbone destinée aux longues distances.

    Le 23 janvier, une dizaine de membres de la team Hoka vont donc essayer, chaussés de ce nouveau modèle, de battre le record du monde du 100 km, détenu jusqu’alors par le Japonais Nao Kazami, avec un chrono de 6:09:14 (6:33:11 chez les femmes). On retrouvera notamment à l’affiche les Americains Jim Walmsley et Camille Herron. La performance aura lieu au même moment dans l’Arizona, aux Etats-Unis et au Japon.

    Juste avant son départ pour Phoenix, nous avons pu nous entretenir avec la championne française.

    Audrey Tanguy s’attaque à un défi d’un nouveau genre. Crédit : Hoka

    Jogging International : On vous connait depuis plusieurs années maintenant sur le circuit trail, avec notamment deux belles victoires en 2018 et 2019 sur la TDS, mais on ne vous a jamais vu sur route. Cette épreuve sera donc une grande première ?

    Audrey Tanguy : C’est exactement ça, je n’ai encore jamais pris part à une compétition sur route ! Je serai la seule non spécialiste à m’élancer sur ce défi. Je suis hyper contente qu’on me l’ai proposé, c’est un vrai bonheur d’aller m’essayer sur un format que je ne connais pas. On m’a mis au courant en avril dernier et avec la situation actuelle j’ai vraiment cru que ça n’allait pas se faire. Le fait que ça se maintienne, c’est génial . J’y vais avec moins d’appréhension que sur les courses habituelles car je sais que je ne suis pas vraiment attendue. Je ne sais pas comment ça va se passer et c’est très excitant !

    Je pars pour tenter de décrocher une nouvelle marque

    JI : Quel sera alors votre objectif ?

    Je me suis préparée avec mon coach, Pascal Balducci, pour réaliser les 100 km en 7h25. Je ne le savais pas, mais il m’a glissé à l’oreille que le record de France de Laurence Fricotteaux-Klein était de 7h26. Je pars donc pour tenter d’aller décrocher une nouvelle marque.

    JI : Vous n’y aller donc pas totalement sans pression ?

    Non, de la pression il y en a toujours. Je ne prends pas ce défi à la légère, j’ai quand même à cœur de bien faire les choses. Il y a aura toujours ce petit stress au départ mais là, c’est différent de ce que je ressens sur un ultra-trail où l’avant-course n’est pas agréable. Car j’ai la pression d’assurer le premier rôle. Je me présente à chaque fois pour gagner. Là, déjà, je cours seule, sans dépendre des autres concurrents, il n’y a que le chrono et moi. L’angoisse, c’est surtout de savoir comment mon corps va réagir. Autant sur une course de trail je sais gérer les douleurs mais là, non. J’ai peur qu’une douleur me contraigne à m’arrêter.

    JI : Comment vous-êtes vous préparée pour ce défi ?

    J’ai commencé une préparation spécifique quelques temps après mon retour des Golden Trail Séries aux Açores, qui se sont déroulés fin octobre. Après un peu de récup, j’ai commencé avec des séances qui se sont déroulées presque uniquement sur du plat, avec deux à trois entraînements spécifiques par semaine. J’ai fait du fractionné longs et courts, de l’allure tempo et donc à chaque fois, énormément de route !

    Vers la fin, les entraînements deviennent plus agréables

    JI : Une traileuse peut prendre du plaisir à s’entraîner comme ça ?

    Oui, j’en ai surtout ressenti sur la fin car j’ai progressé ! Très rapidement j’étais capable de tenir les allures 10km et 20 km plus facilement, ce qui n’était pas du tout le cas jusqu’à maintenant. Au début c’est court et intense et vers la fin on s’approche de l’allure cible, ça devient plus agréable… ou moins désagréable…

    JI : Comment va se dérouler le défi ?

    Je ne connais pas encore précisément le terrain, je sais simplement que l’on part pour 9 boucles d’environ 10 km et que sera du plat et du bitume ! On partira tous ensemble puis chacun prendra son allure, on sera rapidement seul avec soi-même. Il est prévu des ravitaillements très régulièrement.

    La tentative de record s’inscrit dans le cadre de l’opération de promotion de la dernière Carbon X2 de Hoka. Crédit : Hoka

    JI : L’objectif de cette tentative de record est de mettre en avant les dernières Carbon X2, qu’en pense la traileuse que vous êtes ?

    J’avais déjà couru avec la première version des Carbon X, l’an dernier mais au final je les avais très peu usées. En tout cas j’aime beaucoup cette deuxième version. Je ne suis pas habituée à ce genre de chaussures que je classerais du côté des minimalistes, par rapport aux Speedgoat avec lesquelles je cours. Là, je les trouve très toniques. Dès le début, les séances sont très bien passées, sans ressentir la moindre douleur aux mollets. L’amorti est quand même bon malgré la plaque. Je la conseille vraiment à ceux qui veulent faire du très long. Quant à l’effet de la plaque de carbone, je dois bien avouer que c’est très difficile de juger de son apport réel.

    JI : Après ce défi, on vous retrouvera sur les courses de trail en 2021, on l’espère, quels seront vos objectifs ?

    Mon objectif principal est de remporter l’UTMB. C’était déjà le cas en 2020 mais l’évènement a été annulé. Ce report m’aura au moins laissé plus de temps pour me préparer. L’autre objectif est la Western State Endurance Run, aux États-Unis, qui est un 100 miles très roulant. D’ailleurs, cette préparation pour le record du 100 km m’apportera beaucoup de choses positives dans le cadre de ces objectifs. Car j’ai travaillé d’avantage ma vitesse, ce qui est nécessaire pour ce type de courses. Et c’est ce qui me faisait défaut. Il fallait que je travaille mon allure sur du plat, sur des parties roulantes. Ces 100 km du 23 janvier feront peut-être la différence au moment de m’élancer sur l’UTMB !

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