Brooks Hyperion Elite : le test

L’Hyperion Elite est un modèle à part chez Brooks. Ses ingénieurs y ont intégré une plaque de carbone et ont délesté un maximum le modèle afin de proposer ici une paire de chaussure ultra légère et hyper dynamique, « la plus rapide jamais conçue » par la marque. De quoi affoler les chronos ?

Brooks était jusqu’alors plutôt réputé pour offrir à ses clients des modèles très confortables et sécurisants, pas forcément destinés à aller décrocher les plus beaux chronos. En 2020, après une année 2019 chamboulée par Nike et ses Vaporfly, Brooks a décidé de changer d’orientation en proposant pour la première fois un modèle avec plaque de carbone. L’intérêt de cet apport est désormais bien connu : il est censé créer une sorte de rebond supplémentaire à chaque foulée, comme un effet ressort. L’objectif ultime étant de gagner des secondes précieuses à chaque kilomètre avalé. Impossible clairement pour les coureurs à pied au niveau modeste d’y voir un véritable moyen d’approcher les chronos des élites, tout comme il est clairement difficile d’évaluer précisément le temps gagné grâce à l’apport de cette plaque de carbone.

Légèreté et stabilité

Mais, outre cette lame de carbone, l’équipementier apporte d’autres arguments pour vendre ces chaussures. Parmi le plus important, il y a donc cette légèreté : 200 grammes pour un modèle en 44. Prenez-les dans vos mains et l’impression du poids plume est confirmée. C’est tout simplement bluffant. Ce délestage est dû à une semelle intermédiaire composée d’une mousse ultra-légère (DNA zéro) conjuguée à un mesh minimaliste.

Cette simplicité ne vient pas gommer quelques détails importants qui ajoute un peu plus de qualité à la chaussure, comme des systèmes de contreforts au niveau du talon ou encore des lacets légèrement crochetés pour un laçage qui ne bouge pas, peu importe la cadence et la vitesse ! Et le bluff se poursuit, ou plutôt se confirme, quand on les chausse. Sans vouloir grossir le trait, il est indéniable que l’effet quand on aborde les premières foulées est celui de n’avoir rien au pied. On ne sent pas les chaussures et, forcément, chaque pas donne l’impression d’être davantage aérien qu’avec 99% des modèles existants. Le pied est parfaitement tenu grâce à un chaussant précis et enveloppant rendu possible notamment par la languette en demi-chausson, très fine.

Effet placebo ou pas, la première fois que je les ai testées, c’était dans le cadre d’un footing de récupération, dont le premier objectif était de « sentir » et de s’habituer au modèle avant d’aller les expérimenter sur une séance de vitesse. Résultat : sans vraiment m’en rendre compte, j’ai parcouru mon petit footing de 13 km avec 15 secondes de moins à chaque kilomètre par rapport à mon rythme habituel. Qu’en déduire ? Sûrement que la légèreté et la petite impression de rebond m’a tout simplement poussé, sans en prendre conscience, à aller plus vite par rapport à mon allure habituelle. Ou en tout cas, à courir une certaine distance avec plus d’aisance qu’à la normale.

Autre constat : ces 13 kilomètres de footing ont été digérés sans la moindre douleur ou sentiment de fatigue. Et c’est peut-être bien là le constat le plus impressionnant. A n’importe quelle sortie que j’ai pu effectuer avec ces chaussures, peu importe le type de séance, j’avais toujours l’impression que j’en avais gardé sous le pied et que je pouvais aller encore un peu plus loin. Ce résultat peut sans doute s’expliquer par la conjugaison de la plaque de carbone et de la légèreté de la chaussure, auxquelles viendrait s’ajouter un troisième ingrédient : la géométrie de la chaussure.

La petite équipe de Blue Line, une entité à part qui a travaillé pour Brooks afin d’élaborer cette chaussure, a en effet voulu créer une base assez large pour offrir aux coureurs un maximum de stabilité. Clairement, contrairement à des modèles similaires, la Hypérion Elite apporte une sensation de sécurité : on peut accélérer sans avoir ce petit doute, inhérent aux chaussures ultra légères, de dévier à chaque foulée. L’effet sur l’économie de course est donc palpable. C’est d’ailleurs le but des équipes Brooks. « Nous souhaitions apporter aux coureurs une stabilité qui évite toutes les déviations des chevilles et des genoux pour repousser la fatigue et garder de l’énergie en fin de course. »

Et la plaque de carbone ?

La Brooks va-t-elle permettre, comme la Nike, de pulvériser tous les chronos ? Est-elle vraiment celle « qui est au-dessus de » comme son étymologie grec la définit ? Direction le tartan pour se faire une idée avec deux tests : un 1000 m effectué le plus rapidement possible et un autre avalé à une allure donnée. L’objectif dans le premier exercice est de savoir si la plaque carbone apporte ici un réel plus par rapport à une autre chaussure et dans le second exercice de voir si la foulée est plus aisée à une vitesse plus réduite. A noter que le comparatif a été réalisé avec la Brooks Hyperion Tempo, un modèle vendu comme la chaussure d’entraînement de sa grande sœur Elite.

Disons-le clairement, l’essai, qui n’a absolument rien de scientifique, n’a pas apporté de réponse. Les résultats dans chacun des deux tests ont été quasiment identiques. La plaque de carbone apporte peut-être une plus-value mais elle reste, pour un coureur lambda, extrêmement limitée. A tel point que cet atout sera complètement dilué par des paramètres bien plus importants comme le niveau de fatigue ou le niveau d’entraînement.

Usage : course sur route pour coureur d’excellent niveau

Poids : 200g en 44

Prix : 250€

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