Adidas Adizero Pro : le test

Dans la guerre des plaques carbone, Adidas ne pouvait rester immobile face aux assauts de Nike. L’Adizero Pro est donc sa réponse ultra-légère et ultrarapide à la ZoomX Vaporfly Next%. Mais attention, elle n’est pas faite pour tout le monde !

An 2013, si proche, si loin. Adidas débarque avec son Boost. Premier test avec les Adizero Adios équipées de cette technologie que la marque aux trois bandes présente alors, bien entendu, comme « une révolution ». Mes doutes s’envolent aussi vite que ma foulée : je suis en apesanteur et, sur mes tours de piste, le chrono a tendance à s’affoler. Bref, je suis conquis. Quand, début 2020, je parviens enfin à chausser les Nike ZoomX Vaporfly Next% pour la première fois, la révélation est similaire. Mais voilà qu’Adidas entre aussi dans la course à la plaque carbone avec sa Adizero Pro. Il ne s’agirait pas de se faire distancer ! Comme attendu, on se retrouve avec un modèle extrêmement léger et doté de très peu d’éléments de protection. Sur le dessus, le mesh est réduit à sa plus simple expression, il n’y a vraiment rien en trop ! Du coup, avant même d’avoir fait la moindre foulée, on se doute que les poids légers rapides y trouveront leur compte, tandis que les autres auront sans doute une utilisation assez limitée du modèle. Mais on va y revenir…

Autre constat fait dès la « mise en pied » : l’Adizero Pro est étroite et il faut vraiment jouer avec le laçage pour ne pas se retrouver avec le pied trop comprimé quand celui-ci a le malheur d’être un rien plus large que la moyenne.

Amorti ? Quel amorti ?


Une fois la bonne formule trouvée, on peut commencer à trottiner. Et, alors qu’on n’en ait encore qu’à l’échauffement, on se rend compte que cette Adidas ne place pas l’amorti dans la liste de ses priorités. Certes, elle est armée de l’inamovible Boost, mais uniquement au niveau du talon, le reste de la semelle intermédiaire étant conçue en Lightstrike, autrement plus sec, décrit par la marque comme favorisant des « mouvements explosifs et une vitesse durable ». Résultat : sauf à s’échiner à talonner comme jamais, les adeptes de l’amorti passeront leur chemin. Mais, encore une fois, ce modèle n’est pas vraiment fait pour eux. Elle veut de la vitesse, alors on lui en donne ! Et dès les premières accélérations, je retourne sept ans en arrière : tout comme la Vaporfly Next%, cette Adizero Pro est une révélation. Les tours de piste s’enchaînent à des allures pas atteintes depuis quelques années, avec une véritable impression de propulsion vers l’avant. Imaginez que vous ayez la possibilité de courir en ayant une tonne de petits ressorts sous les pieds. Voilà à peu près que ce l’on ressent avec cette Adidas. De là à dire que les chaussures courent toutes seules…

En contrepartie, et comme on s’en rend compte de plus en plus avec les chaussures « dopées » au carbone, la flexibilité n’est pas son point fort. Pour entrer un peu dans le détail et démontrer l’efficacité de la Adizero Pro, je me suis livré à un test tout simple : deux 5.000 m réalisés à deux jours d’intervalle dans des conditions identiques. Comprendre par là même état de forme, même heure, même lieu, météo similaire. Le premier 5.000 m a été fait avec les Sub2 de la marque aux trois bandes. Pas vraiment les chaussures les plus lentes de chez Adidas, bien au contraire, avec en particulier leur poids léger (171 g en 44 !). A l’époque de mon test, j’avais d’ailleurs constaté des allures bien plus rapides qu’à l’habitude sur 5 et 10 km. Ca se confirme de nouveau ici, avec un 5.000 m bouclé avec les Sub2 en 19min17s (on ne se moque pas s’il vous plaît !), alors qu’en temps normal, mon allure sur la distance est plutôt proche des 4 min/km (soit 20 minutes pour ceux qui savent compter !).

Toujours plus

Deux jours plus tard, retour sur la piste, cette fois avec les Adizero Pro. Petite interrogation avant de m’élancer : pour quelqu’un qui a plutôt tendance à manger des longues distances et n’est pas spécialement habitué aux allures excessives, ces deux 5.000 m à 48 heures d’écart ne sont-ils pas un peu trop violents ? Réponse dès le premier kilomètre, bouclé en 3 min 53 s : l’éventuelle lourdeur de mes jambes et, par la même, de ma foulée, n’est pas une question valide pour la Adidas, qui s’en contrefiche comme de sa première paire de lacets… Pour tout dire, les sensations sont encore meilleures que deux jours avant et, plus j’avance, plus mon allure augmente pour finir mon 5.000 m en 18min29s, soit un gain de près de 50 secondes, ou 10 s/km. Un gouffre ! La question : est-ce que cette amélioration plus que remarquable de ma « performance » est à mettre entièrement au crédit de l’Adizero Pro ? Objectivement, je ne vois pas d’autres éléments qui pourraient l’expliquer. D’autant que, tout au long de ce test, j’ai toujours eu la sensation, outre les qualités de vitesse qu’il offre, que ce modèle se distingue, comme son concurrent de chez Nike, par sa capacité à repousser le seuil de fatigue du coureur, avec toujours cette impression de pouvoir en faire plus !

Alors, cette chaussure est-elle faite pour vous ? Les coureurs pas forcément légers, à mon image, pourront s’en faire une alliée de choix sur leurs séances de fractionné et sur des distances allant jusqu’au 10 km, voire semi pour les plus rapides. Quant aux coureurs légers et « vifs », ils peuvent tout à fait envisager de pousser ces Adizero Pro sur marathon, tout en prenant en compte l’absence detoute technologie de protection, ce qui exige une technique de course quasi parfaite !

Usage : route entraînement et compétition, coureur -75kg

Poids : 239g en 44

Prix : 179,95€

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