Ski de fond et ski de rando : 5 atouts pour le coureur à pied

Pas de remontées mécaniques ? Pas de ski alpin ? C’est peut-être le meilleur moment pour vous initier au ski de fond ou au ski de rando. Ces activités cumulent bons nombres d’avantages pour le coureur à pied. Si vous avez la chance de partir en vacances à la montagne l’hiver, foncez-y tout schuss !

Comment s’entraîner correctement l’hiver ? Pour peu qu’on vive dans une région montagneuse, ou que l’on s’y rende pendant les vacances, courir en hiver devient franchement compliqué. De nombreux athlètes adoptent d’ailleurs une stratégie saisonnière : lorsque la neige recouvre leur terrain d’entraînement, ils chaussent les skis. Certains pratiquent ainsi le ski de randonnée, à l’image des traileurs internationaux François d’Haene, Emelie Forsberg ou Kilian Jornet, tandis que d’autres sillonnent les pistes de ski de fond, comme l’ultratrailer Xavier Thévenard. Et leurs résultats en course à pied laissent penser que leur approche pourrait bien être… gagnante. Quels sont donc les atouts du ski de fond pour le coureur ?

Atout n° 1 : faire du volume en limitant les traumatismes

Ce n’est un mystère pour aucun coureur à pied : le running est un sport potentiellement traumatisant car il se caractérise par la répétition d’impacts au sol dont les conséquences sont assez délétères pour le système articulaire. A contrario, le ski de fond se définit par une gestuelle « glissée ». Xavier Thévenard souligne « qu’en ski de fond, il y a une très faible amplitude articulaire par rapport à la course à pied, et il n’y a pas de chocs. » Par conséquent, troquer les baskets contre les spatules permet de « régénérer et décharger les articulations sans perdre le fil de l’entraînement, d’éviter la casse musculaire et de pouvoir enchaîner plus rapidement les séances, puisqu’on récupère plus vite ». Vous pouvez alors réaliser un important volume d’entraînement sur la neige en minimisant les risques de blessures et en offrant à votre organisme une fenêtre annuelle pour soigner les petits bobos accumulés tout au long de la saison de running.

Atout n° 2 : développer le VO2max

« La mobilisation du haut du corps n’est pas économique d’un point de vue énergétique, précise Benoît Nave, ostéopathe et traileur. Dès que les muscles du haut du corps sont sollicités en aérobie, la consommation d’oxygène s’élève, ce qui entraîne une augmentation du VO2max. C’est pour cette raison que de nombreux pratiquants de ski de fond affichent des VO2max très élevés, plus élevés que ceux des meilleurs coureurs à pied. » Par conséquent, s’entraîner en ski de fond en hiver peut permettre de booster le VO2max, ce qui n’est pas sans intérêt lors de la reprise de la course à pied. En effet, plus le VO2max est élevé, plus l’organisme est capable d’utiliser une grande quantité d’oxygène pour approvisionner les muscles. Le VO2max joue donc un rôle important dans les efforts d’endurance et le faire augmenter ne peut que contribuer à l’amélioration des performances.

Atout n° 3 : renforcer le haut du corps

L’une des différences majeures entre ski de fond et course à pied concerne le travail du haut du corps. Elle est liée non seulement à l’utilisation des bâtons, mais aussi à la nécessité d’être parfaitement gainé pour être correctement placé sur les skis et perdre le moins d’énergie possible. « Faire du ski de fond en hiver peut éviter de réaliser des séances de préparation physique générale que je trouve souvent pénibles, parce qu’on est généralement assez statique et enfermé dans une salle », indique Xavier Thévenard. Le travail de gainage induit par le ski de fond se fait immédiatement ressentir à pied : la posture est améliorée et la transmission d’énergie dans les membres inférieurs est optimisée. Enfin, l’utilisation des bâtons en ski de fond contribue à l’apprentissage de la technique de poussée en montée, particulièrement utile pour ceux qui pratiquent l’ultratrail ou le kilomètre vertical.

Atout n° 4 : régénérer le mental

Même si vous n’avez pas l’impression de vous lasser de courir, opérer une petite coupure ou une diversification de votre pratique sportive ne peut qu’être positif d’un point de vue psychologique. La variété entretient la motivation et le plaisir, comme le confirme Xavier Thévenard : « Diversifier au maximum les séances et les activités permet d’éviter la lassitude. Chaque sport apporte d’autres points techniques à la discipline de prédilection et peut faire progresser sans jamais lasser. J’adore l’automne, car l’hiver approche et je sais que je vais faire du ski de fond. Mais j’adore le printemps aussi, car les baskets sont de sortie ! » Bref, skiez pour avoir encore plus envie de courir !

Atout n° 5 : favoriser la lipolyse

Les tissus adipeux de l’organisme sont composés de deux types de cellules (ou adipocytes) : les blanches et les brunes. On considère que les graisses brunes sont beaucoup plus intéressantes pour la santé et la production d’énergie que leurs homologues blanches. Or, une exposition prolongée et régulière au froid booste la production de cellules graisseuses brunes et pousse l’organisme à les utiliser de manière préférentielle pour produire de la chaleur et un effort physique. « S’entraîner dans le froid, comme c’est le cas en ski de fond, augmente donc la capacité de l’organisme à recourir à la lipolyse, précise Benoît Nave. Ce phénomène est intéressant pour les épreuves d’endurance de plus de 3 h 30 ou 4 heures. » Pourquoi ? Parce que les acides gras servent de carburant dès que l’effort se prolonge, que leur quantité en réserve est beaucoup plus importante que les glucides et, enfin, que leur rendement énergétique est meilleur que celui des sucres (un gramme de glucide fournit 4 kcal alors qu’un gramme de lipide en fournit 9).


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