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  • Les lésions méniscales

  • Si les lésions méniscales accidentelles ou traumatiques sont rares chez le coureur à pied, elles deviennent beaucoup plus fréquentes lorsque l’on évoque l’usure du ménisque. Un mal qui touche donc plus souvent les vétérans.

    On parle souvent de lésions méniscales chez tel ou tel sportif mais très peu chez le coureur à pied. En effet, la course se fait en règle générale dans l’axe avec un travail de flexion extension du genou sans les rotations qui sont dangereuses pour les ménisques (sports en pivot). On aura donc très peu de lésions dites traumatiques ou aiguës sauf en cas de torsion du genou (le ménisque se retrouvant alors coincé) lors de sorties en sous bois ou lors d’une mauvaise réception de saut. Par contre on retrouvera d’avantage des lésions dites dégénératives ou d’usure, sans notion de traumatisme, chez le coureur vétéran.

    Un ménisque ? Des ménisques

    Nous en avons quatre, deux par genou, un interne et un externe. Ce sont des fibrocartilages en forme de croissant interposés entre les surfaces osseuse du fémur pour la cuisse et du tibia pour la jambe. Ils sont mobiles et repoussés en arrière lors de la flexion, le ménisque interne est plus volumineux et moins mobile que l’externe et est donc plus vulnérable aux lésions. Ils sont très mal vascularisés, en effet seule la partie périphérique des ménisques est vascularisée, ce qui explique leur faible pouvoir de cicatrisation lorsqu’ils sont abîmés.

    Leur rôle est d’augmenter la surface de contact articulaire entre le fémur et le tibia et de protéger le cartilage en répartissant les ondes de choc subies par le genou lors des réceptions au sol, ils participent donc à la stabilité du genou et à la prévention de l’arthrose.

    Signaux d’alerte…

    Les signes cliniques faisant suspecter l’atteinte méniscale sont très polymorphes et rendent le diagnostic souvent difficile, on retrouve :

    – la douleur d’effort souvent sourde, interne ou externe en fonction du ménisque atteint. Douleur retrouvée à la palpation de la périphérie du ménisque dans l’interligne articulaire entre fémur et tibia.

    – des sensations d’instabilité du genou avec des ligaments normaux.

    – un épanchement articulaire à répétition après les sorties.

    – des blocages articulaires du genou en flexion, le sportif ayant du mal à étendre son genou.

    – des claquements sourds du genou lors des flexions maximales ou une impression de dérangement articulaire.

    Tous ces signes peuvent coexister, ou seul l’un d’entre eux être présent. De nombreux tests cliniques ont été décrits pour mettre en évidence ces lésions mais aucun n’est univoque et seule l’expérience du médecin permettra de trancher.

    Les examens complémentaires

    Il faudra toujours commencer par une radio classique afin d’éliminer une arthrose débutante. Les examens complémentaires pour mettre en évidence la lésion méniscale sont : l’arthrographie (radio du genou après y avoir injecté un produit de contraste), l’IRM et l’arthroscanner (scanner après avoir injecté un produit de contraste dans le genou).

    Le choix de l’examen sera laissé au médecin du sport selon la nature de la lésion qu’il recherche, le choix se portera plutôt vers l’IRM pour les lésions dégénératives.

    Peut-on prévenir les lésions de ses ménisques ?

    Pour ce qui est des lésions traumatiques, il est difficile de prévoir un accident si ce n’est d’être vigilent lors de ses sorties en sous-bois (glissades, irrégularité du sol…).

    Pour les pathologies méniscales dégénératives, un bon amorti au niveau de ses chaussures de jogging est important.

    Le poids est aussi un élément à prendre en considération, en effet une surcharge pondérale se répercutera sur les genoux lors des impacts au sol. Faut-il rappeler qu’à chaque kilomètre parcouru, il y aura environ 900 contacts avec le sol et à chaque impact sur le sol c’est 3 fois le poids du corps qui sera transmis aux articulations des membres inférieurs ?

    La surface d’entraînement devra être variée, en effet un sol dur est plus traumatisant pour ses ménisques, il ne faudra effectuer que 50% de la distance hebdomadaire parcourue sur sol dur.

    La prévention concerne la visite d’aptitude à la course à pied. L’examinateur devra rechercher des facteurs d’hyper pression d’un des cotés du genou avec une atteinte interne lorsque les genoux sont en () et externe lorsqu’il sont en X. Une paire de semelles orthopédique pourra alors soulager le compartiment du genou en danger.

    Traitements

    Le traitement différera selon le type de lésion rencontrée, il pourra être médical ou chirurgical. Certaines lésions seront confiées immédiatement au chirurgien, les autres bénéficierons d’un traitement à déterminer entre le repos, les anti- inflammatoires, des semelles orthopédiques, la mésothérapie ou encore une petite infiltration en regard de la lésion.

    Le traitement est chirurgical si la lésion le justifie et en cas d’échec du traitement médical ; il consiste en une régularisation du ménisque lésé sous arthroscopie, le plus souvent sans hospitalisation, le sujet pouvant regagner sont domicile le jour de l’intervention. La reprise du sport se fera après 1 à 2 mois environ.

    Dr Nicolas Bompard, médecine et traumatologie du sport.

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