Soigner : le syndrome de l'essuie-glace

Soigner : le syndrome de l'essuie-glace
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Intimement liée à la pratique de la course à pied, cette douleur de la face latérale externe du genou, aussi connue sous le surnom de syndrome du fascia lata, nécessite attention et soin sous peine d’impacter gravement les perfs... Alors, soyez à l’écoute de vos genoux !

Les douleurs au niveau du genou, chez le coureur, c’est de manière indiscutable aussi fréquent que terriblement gênant. Et c’est généralement lié à un problème mécanique. Bonne nouvelle, ça signifie aussi que ça se traite sans forcément en passer par des soins lourds et compliqués. Avant tout, il s’agit de faire preuve de bon sens, d’humilité et de patience.

Identifiez les signaux d’alerte

Pour mieux pouvoir traiter le symptôme du fascia lata, il faut déjà savoir le reconnaître. La douleur ? Elle se localise sur la partie externe du genou et survient généralement au bout de 10 à 20 minutes de course. Et elle brûle, intensément ! Allant crescendo, elle impose très rapidement de stopper la séance. Ce qui s’avère d’ailleurs assez rageant, puisqu’elle disparaît dès lors assez vite ! Alors, que s’est-il passé ? Vous avez tout simplement vécu aux premières loges les effets d’un conflit entre votre fascia lata et le relief osseux de votre fémur. Le fascia lata, également appelé bandelette ilio-tibiale, étant ce tendon plat et épais qui relie le haut du tibia à l’extérieur de la hanche. Mais alors, d’où vient ce fameux conflit que vous subissez ? Tout simplement d’un problème mécanique.

Il s’agit d’une tendinopathie de friction qui survient chez les personnes ayant un défaut d’alignement cheville/genou/hanche. Le pied qui arrive au sol en pronation excessive provoque une rotation interne du genou et une rotation externe relative du fémur entraînant ce syndrome. En effet, pendant votre course, à chaque flexion/extension du genou, cette fameuse bandelette/tendon frotte sur l’os comme un essuie-glace sur un pare-brise. D’où, d’ailleurs, le surnom très imagé donné au syndrome du fascia lata. Concrètement, cette répétition finit par générer une bursite entre le tendon et l’os, source de la douleur. Exactement comme si vous aviez une ampoule profonde sur le tendon… Si vous décidez de continuer vos séances, cette douleur affectera non seulement la course, mais aussi le quotidien, ne serait-ce qu’en faisant trois pas ou en montant quatre marches.

Levez le pied !

Comme celle du pied, cette sorte de grosse ampoule dans le genou est temporaire. Elle démontre avant tout que le travail du genou ne se fait pas bien dans l’axe. Et ce, parce que vous enquillez un certain nombre d’habitudes délétères. D’ailleurs, le syndrome du fascia lata se manifeste généralement chez les débutants qui ne respectent pas la règle de la progressivité, mais aussi chez les coureurs qui, faute d’entraînement suffisant, se le prennent de plein fouet juste après une course... Alors, première chose à faire quand survient cette douleur : lever le pied. Pendant quelques jours, stoppez les séances, glacez la zone et attendez que la douleur soit calmée pour reprendre progressivement. Inutile de vous lamenter à l’idée d’un arrêt sportif : a priori, il n’apportera rien.

Des ondes de choc à l’infiltration

Si la douleur perdure, malgré quelques jours off et une reprise progressive, consultez pour bien en identifier l’origine afin de mieux la traiter. Elle peut être liée au surentraînement, à une mauvaise foulée, à des chaussures hors d’âge ou bien à un déséquilibre statique consécutif à un pied creux, des jambes arquées… Par ailleurs, des exercices spécifiques pourront être utiles pour éviter le conflit entre fascia lata et fémur. Dans les cas persistants, il sera sans doute nécessaire de pratiquer, chez votre kiné, des séances d’ultrasons et d’étirements spécifiques visant à relâcher le tendon qui vient frotter sur l’os. Étirements précis et exercices de contrôle du genou avec un plan de reprise associé solutionnent souvent le problème d’axe. Mais si les soins chez le kiné et le port d’orthèses (sur mesure !) ne suffisent pas, des infiltrations de cortisone peuvent être envisagées pour soulager la fameuse bandelette (sous guidage échographique). Il est très rare, en revanche, de devoir recourir à une intervention : uniquement si « l’ampoule » s’est rigidifiée avec le temps. Et dans ce cas, oui, il y a arrêt sportif de quelques mois.