Le syndrome du pyramidal

Le syndrome du pyramidal
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À première vue ça ressemble à une sciatique. Sauf que, chez le coureur, cette douleur très fréquente prend racine dans la spécificité des contraintes mécaniques de la pratique, et doit s’interpréter et se soigner différemment que chez tout un chacun... Mal dans la fesse ? En prépa semi ou marathon ? Pensez au syndrome du pyramidal... et réagissez en sportif pour assurer votre foulée !

La sciatique, le commun des mortels et les médecins généralistes la connaissent bien. Elle résulte de la compression par un disque vertébral d’un ou des deux nerfs sciatiques qui partent du bas de la colonne, ce qui déclenche une douleur lombaire irradiant dans la fesse et la cuisse. En cause, un faux mouvement, le port d’une charge lourde ou une position statique prolongée... ce qui n’est pas ce qui symbolise le mieux le coureur ! C’est pourquoi, lorsqu’une telle douleur vous saisit, mieux vaut consulter un médecin ou kiné du sport qui, eux, penseront illico au syndrome du pyramidal.

Fausse sciatique mais vraie douleur sportive

Le muscle pyramidal (ou piriforme) est un petit muscle reliant le sacrum au haut du fémur. Sa mission : assurer la stabilité du bassin, donc de la foulée. Mais s’il est obligé de se contracter en permanence pour compenser un défaut de ladite foulée, il va forcément, à un moment ou un autre, aller compresser le nerf sciatique voisin, générant une douleur proche de la sciatique mais qui n’en est pas une. En général, cette douleur, qui pince le bas du dos à la lisière de la fesse et irradie sur la face postérieure (ou externe) de la cuisse, se manifeste à l’effort, en pleine séance ou à la fin de l’entraînement, le plus souvent de façon unilatérale. Elle est ensuite aggravée par une position assise prolongée. Ce sont les coureurs débutants, ceux qui, en phase de reprise, ont trop augmenté leur charge d’entraînement, mais aussi les coureurs en prépa marathon souffrant de contracture musculaire qui sont les plus touchés par ce syndrome du pyramidal, alias sciatalgie. Être cambré est aussi un facteur de risque de compression du nerf sciatique. C’est pour cela qu’on attribue plus facilement ce trouble aux femmes. À tort, puisque la course elle-même pousse à se cambrer, quel que soit le sexe.

Aux premiers signes, étirez

Quand la douleur se manifeste, plutôt que de vous gaver d’antidouleurs, commencez par étirer le pyramidal en douceur. Consultez afin d’éliminer les autres causes (pathologie lombaire, hernie, arthrose créant un relief osseux irritant pour le nerf sciatique...) et mettre en place un protocole de coaching visant à optimiser votre foulée pour calmer les empressements du pyramidal à se contracter et à enserrer douloureusement le nerf sciatique. Aussi au programme : 3 fois par semaine, au moins 3 à 5 min de gainage abdos-dorsaux pour renforcer la stabilité de votre bassin. En parallèle, sans pour autant stopper l’entraînement, vous devrez en réduire le kilométrage, les dénivelés et éviter la vitesse le temps de retrouver une foulée placée et une bonne tonicité du bassin.

Massages profonds, orthèses, parfois infiltrations

Si la douleur perdure ou revient, il sera nécessaire de suivre une rééducation chez votre kiné du sport : massages profonds et assouplissements spécifiques pour relâcher le pyramidal mais aussi travail de mobilisation du bassin et renforcement musculaire du haut du corps pour rééquilibrer l’articulation sacro-iliaque. Les manipulations de l’ostéopathe sur cette articulation peuvent aussi réduire les tensions sur le pyramidal. De même que des orthèses plantaires faites sur mesure par votre podologue. Si rien n’y fait, il est possible d’envisager sur avis médical une infiltration de cortisone (sous guidage radio ou scanner impératif et 8 à 10 jours d’arrêt sportif) pour libérer le sciatique et soulager la douleur, ou encore une opération visant à supprimer les fibres du pyramidal au contact du sciatique...mais il est rarissime d'en arriver là.