Fracture de fatigue : les bons réflexes

Fracture de fatigue : les bons réflexes
Le

C’est l’une des bêtes noires du coureur... La fracture de fatigue survient sur les os supportant votre poids pendant la course. Et surtout le tibia, l’avant-pied et le col fémoral. Si vous en êtes victime, sachez comment traiter efficacement cette blessure trop fréquente. Si vous la redoutez, apprenez à tout mettre en œuvre pour l’éviter.

De stress ou de fatigue, cette pathologie sportive a beau s’appeler fracture, elle n’en est pas réellement une. Il s’agit en fait d’une fissure qui apparaît sur un os parfaitement sain, mais soumis à des contraintes mécaniques répétées et mal gérées. Car normalement, l’os, tissu vivant, a besoin d’être stimulé pour se renforcer, et a le pouvoir de s’auto-réparer. Mais lorsqu’il est trop sollicité et de façon anarchique, il n’en a pas le temps et se fissure : c’est alors la fracture de stress, pathologie typique d’une mauvaise adaptation à l’effort. Principales victimes : ceux qui courent peu souvent et mettent à chaque fois le paquet, ou ceux qui, en vue d’une échéance, augmentent trop radicalement leur charge d’entraînement.

Repérer

Vous l’avez compris : une fracture de stress ne se produit pas comme ça, d’une minute à l’autre. Elle se construit progressivement. En revanche, la douleur qui en signe l’existence est brutale et intense. Et, bien que sans aucun lien avec un choc, s’accompagne souvent d’un œdème. La première chose à faire est donc de ne pas ignorer cette manifestation atypique, dont la localisation est liée au sport pratiqué. Chez le golfeur, elle se situera au niveau des côtes, chez le tennisman, au niveau du coude… Chez le coureur, elle concernera donc logiquement le tibia, les métatarses (avant-pied), le col fémoral, la branche ischio-pubienne, le sacrum mais aussi parfois le calcanéum (os du talon). Si elle peut apparaître pendant ou après la course, cette douleur aura dans tous les cas la particularité de persister au repos, de réveiller la nuit, de se re-manifester à la marche et d’être très réactive à la palpation. Et ce, quelle que soit sa localisation. À noter que lorsqu’elle concerne le tibia, la fracture de stress peut traduire une complication d’une périostite tibiale : gare, donc, à ne pas laisser traîner cette dernière.

Réagir

Aux premières manifestations de douleur, vous devez évidemment stopper l’entraînement, glacer la zone douloureuse et filer consulter. Le diagnostic (interrogatoire, examen clinique, rarement imagerie médicale) est primordial. Une fracture de stress peut en effet parfois être confondue avec une enthésopathie (tendinopathie de l’attache du tendon) ou avec une pubalgie. Mais, en général, une palpation bien menée en percutant l’os (ça fait mal) permet de valider le diagnostic. Une fois celui-ci posé, pas de remède miracle, il faut avant tout faire preuve de patience et d’obéissance !

Reprendre

Il n’y a pas de mystère : pour que l’os se répare, il faut le décharger des contraintes mécaniques et lui laisser du temps. Une fracture de stress, ce sont au moins six semaines d’arrêt sportif avec béquilles pour soulager la pression. Lorsqu’elle concerne le fémur ou le tibia, on peut reprendre une activité portée au bout de trois semaines à un mois. Si elle concerne le bassin ou l’avant-pied, rien à faire, si ce n’est du renforcement musculaire avec kiné pour ne pas voir fondre la masse maigre. Tout dépend de la douleur, mais c’est généralement au bout de deux mois et demi que la reprise de la course peut s’envisager. De façon très encadrée et très progressive : trois minutes de course suivies d’une minute d’exercices spécifiques, temps peu à peu augmenté sous contrôle du kiné. Ceci afin de toujours adapter le stress quantitatif à la structure, et d’activer la réparation de l’os, puisque la sollicitation de ce dernier fait partie intégrante du protocole de guérison. Cette reprise thérapeutique (comptez trois semaines) devra s’accompagner d’un renforcement musculaire pour mieux soutenir l’impact du pied et donc limiter les ondes de choc sur les os, d’une remise à plat de la technique de la foulée et se fera toujours sur terrain meuble.