Vrai ou faux : Boire avant d’avoir soif pendant un effort de longue durée = nécessité?

Vrai ou faux : Boire avant d’avoir soif pendant un effort de longue durée = nécessité?
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On entend souvent qu'il faut boire avant d'avoir soif sur des courses de longue durée. Et pourtant...

Le mythe expliqué

L’importance de l’hydratation pendant l’effort a longtemps été ignorée. Jusqu’au jour où des études ont montré qu’une perte de masse corporelle liée à la déshydratation engendrait une baisse des performances. Dès lors, les coureurs ont veillé à boire tout au long de leur effort, même avant d’avoir soif. Quelques gorgées toutes les 10 minutes, de manière à ne pas perdre trop d’eau et à maintenir l’organisme à un taux d’hydratation favorable à la performance. Un peu comme si l’eau était le carburant nécessaire à votre moteur !

Le mythe... démythifié

Pourtant, la réalité montre plutôt l’inverse ! Considérons les meilleurs marathoniens du monde : s’arrêtent-ils aux ravitaillements pour boire ? Non. Ils préfèrent ne pas perdre une seconde pour s’hydrater…et ça marche ! Malgré une perte hydrique de 7 à 10 %, ils claquent records et victoires. Certes, il est question, ici, de l’élite des athlètes. D’autres études ont démontré que le simple fait de prendre de l’eau dans la bouche avant de la recracher (donc sans l’avaler) suffit à leurrer le cerveau : ce dernier réagit comme si l’on avait réellement bu. Enfin, nombre de cas d’hyponatrémie (taux de sodium dans le sang insuffisant en raison de sa dilution) ont été constatés sur les épreuves d’ultra-endurance suite à l’hyper-hydratation des sportifs. Boire en courant serait-il donc inutile ? Pour Tim Noakes (auteur de Waterlogged, the serious problem of overhydration in endurance sports), une perte de poids liée à la perte hydrique ou une certaine déshydratation ne sont pas corrélées à des performances amoindries. Mieux : l’étude de Goulet, en 2011, suggérait que boire selon sa soif, et non en fonction de préceptes généraux, permettait même d’optimiser la performance.

Ce qu’il faut faire

Ne pas boire une goutte d’eau pendant un effort long n’est pas plus conseillé que trop boire. Comme dans tout domaine, la juste mesure doit l’emporter. Si l’on affirme souvent qu’il faut boire avant d’avoir soif, des études affirment qu’il est préférable d’écouter les besoins exprimés par l’organisme. Autrement dit, ne buvez que quand vous avez soif… Bien sûr, dans des conditions de course extrêmes (très forte chaleur, par exemple), vous devez être plus attentif à vos apports hydriques, car vous ne ressentirez pas forcément que vous vous déshydratez. Vous l’aurez compris, il n’y a pas une vérité. L’expérience et la connaissance de soi sont, ici, primordiales.