Tout savoir sur les lésions musculaires

Tout savoir sur les lésions musculaires
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Si courbatures et crampes sont à ranger du côté des souffrances musculaires bénignes, ce n’est absolument pas le cas des élongations, déchirures ou ruptures musculaires... Alors, sachez les identifier et réagir à bon escient.

La douleur est vive mais pas insoutenable

C’est probablement une élongation. Très localisée, se manifestant au cours de l’effort, rarement à la fin, la douleur survient brutalement, contrairement à la contracture, plus progressive. En cause : une sollicitation du muscle au-delà de ses possibilités d’étirement. La sanction : la lésion franche d’un groupe de fibres musculaires qui, si elle n’empêche généralement pas de poursuivre l’effort, le rend douloureux et s’accompagne d’une importante diminution de la force musculaire. Très sensible à la palpation, la zone est souvent plus douloureuse le lendemain à froid, mais ne présente ni œdème ni hématome.

Bien réagir

Stoppez la course pour ne pas altérer la membrane intramusculaire et les tissus de soutien du muscle (l’aponévrose) encore intacts à ce stade et pratiquez les premiers soins. Si les douleurs persistent au bout de 48 h, consultez. Le repos sportif est en général de huit à dix jours, suivis d’une reprise partielle à 60 % de la capacité musculaire.

La douleur fait l’effet d’un coup de poignard

C’est probablement une déchirure musculaire. Soudaine et violente, la douleur sanctionne un étirement musculaire tout aussi violent et démesuré. Il est rare que la blessure soit consécutive à un étirement post-séance. Elle survient en général pendant l’entraînement – démarrage mal échauffé, fatigue de fin de parcours, vif contournement d’un obstacle, forte intensité – et empêche de poursuivre la course. Et pour cause : la lésion traduit la déchirure (comme un tissu effiloché) d’un nombre important de fibres au sein même du groupe musculaire (cuisse, mollet…). Selon la gravité, elle peut provoquer un hématome intramusculaire (saignement du muscle).

Bien réagir 

Consultez au maximum dans les 48 h car, en cas d’hématome (pas forcément visible à l’œil nu), et selon sa taille et sa localisation, il sera peut-être nécessaire de le ponctionner pour permettre aux fibres musculaires de cicatriser sans perdre en efficacité ni générer de douleurs. Même en l’absence d’hématome, ne tentez pas de reprise, même progressive, sans rééducation kiné ni feu vert du médecin. Repos sportif d’une à deux semaines (au moins trois si hématome).

La douleur est vive et s’accompagne d’un craquement

C’est probablement une rupture musculaire. Cette lésion, heureusement assez rare, survient dans le même contexte que la déchirure et résulte du même mécanisme. Sauf qu’ici, il ne s’agit plus « seulement » de fibres déchiquetées mais d’un muscle déchiré transversalement ou carrément sorti de l’un de ses points d’attache, ce qui, du coup, peut aussi entraîner un arrachement osseux. Si la douleur est à peine plus marquée que dans le cas de la déchirure, elle s’accompagne souvent d’un craquement sec au moment de l’accident suivi d’un hématome volumineux ou, s’il y a désinsertion, de l’apparition d’une boule formée par le muscle rétracté.

Bien réagir

Consultez rapidement. Il s’agit là d’une blessure traumatique pouvant nécessiter une intervention chirurgicale, même si on essaie toujours de privilégier la cicatrisation naturelle par un repos sportif complet, de la kinésithérapie, une reprise en piscine ou à vélo avant la course... toujours progressive et très encadrée, et pas avant six semaines. 

Dans l’urgence : les premiers gestes dans tous les cas

  • Glaçage avec poche spécifique (au moins 20 min, 2 à 3 fois/jour) pour limiter un éventuel saignement et soulager la douleur ; compression pour limiter l’hématome ; surélévation pour favoriser le retour veineux.
  • Aucune prise d’anti-inflammatoires pendant 48 h, ni par voie orale ni en gel local, car cela pourrait contrarier le phénomène naturel de cicatrisation voire même aggraver le saignement. En revanche, sont autorisés le paracétamol (en vous limitant à 3 g par jour au maximum) ainsi que l’homéopathie.