Syndrome rotulien : en venir à bout

Syndrome rotulien : en venir à bout
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Appelé syndrome fémoro-patellaire ou encore fémoro-rotulien, il s’agit d’une des blessures les plus fréquentes du coureur. Heureusement, le syndrome rotulien s’explique et se traite.

Quels symptômes ?

La douleur du syndrome rotulien, localisée sur la face antérieure du genou, ne survient pas toujours à l’effort. Elle se manifeste souvent après, puis lors des quelques pas qui suivent une station assise prolongée, et plus à la descente qu’à la montée des escaliers. Elle peut aussi survenir pendant la course, notamment sur terrain instable, en montée moins qu’en descente. La douleur peut s’accompagner d’autres signes comme les pseudo-blocages douloureux ou le lâchage (pseudo-instabilité) : un flash douloureux donne l’impression d’avoir « le genou qui lâche ».

Pourquoi vous ?

Tous les coureurs peuvent être concernés, surtout les débutants et ceux qui augmentent trop fortement leur charge d’entraînement. En cause : déséquilibre musculaire du membre inférieur, faiblesse et/ou raideur des muscles de la cuisse et de la hanche, et anomalies morphodynamiques de type genu valgum (genoux cagneux), lui-même souvent accentué par un affaissement de la voûte plantaire (pieds plats) et le fait d’attaquer le pas par l’intérieur du talon. Cela concourt à une instabilité relative de la rotule, à l’origine d’un trouble de son engagement, avant qu’elle ne se cale dans l’axe. Répété, ce double problème d’axe et de musculation induit la douleur.

Comment traiter ?

Sur le coup, glacez et levez le pied. Ensuite, consultez ! C’est primordial pour ne pas entrer dans le cercle vicieux de la douleur qui elle-même engendre l’inhibition du muscle, laquelle induit une instabilité à l’engagement qui entretient la cause de la douleur... Face à cette instabilité relative de la rotule dans l’axe, vous n’avez pas d’autre solution que de renforcer le genou, par le biais d’une rééducation dynamique chez le kiné axée sur le renforcement et l’étirement des ischio-jambiers, des quadriceps et des muscles de la hanche, ainsi que par du gainage du genou. Mais aussi à l’aide d’un K-Taping spécifique, dont la pose nécessite l’expertise d’un kiné formé à la méthode pour être efficace. Et si nécessaire, le port d’orthèses plantaires fabriquées par le podologue vous aidera.

Comment éviter la rechute ?

Votre reprise doit être progressive, sur terrain plat. Sauf prescription, inutile de vous équiper d’une genouillère. En séance, le corps doit former un alignement. Plus votre genou se situera en avant du pied au sol, plus vous multiplierez les contraintes sur la rotule... Gare aux fentes et demi-squats, où vous devez toujours garder le genou dans l’axe. Enfin, et notamment dans un objectif trail, vous avez intérêt à vous renforcer par ces deux exercices à pratiquer avec un élastique, chacun, 2 minutes par jour :

  • Debout, passez un élastique autour de vos genoux, écartez les pieds à l’aplomb des hanches et forcez vos genoux (en descendant en demi-squats) à lutter contre leur rapprochement induit par la tension de l’élastique.
  • Accrochez une extrémité de l’élastique à un support et enroulez l’autre autour de votre genou gauche. Pliez la jambe droite pour la décoller du sol et avec la jambe d’appui, luttez contre la tension de l’élastique. Changez de jambe.

Zoom : Résistez à l’influence du groupe !

La perturbation de l’équilibre cinétique du genou peut être consécutive à une autre souffrance que l’on va compenser ou encore à une modification du geste technique. Par exemple, certains coureurs n’ayant jamais souffert de syndrome rotulien découvrent leur douleur en passant d’un entraînement habituellement mené en solo à une course en duo ou en groupe. Tout simplement parce qu’en adaptant inconsciemment leur foulée à l’autre, le changement de cadence induit une instabilité...