Comment bien gérer une douleur au mollet

Comment bien gérer une douleur au mollet
Le

Moteur de la propulsion, le mollet du coureur est soumis à rude épreuve. Et quand il renâcle, mieux vaut savoir pourquoi, afin de le traiter d’emblée au mieux de vos intérêts.

Crampe

Rien de méchant, mais cette contracture brutale et involontaire a le mauvais goût de stopper net l’effort, même si, parfois elle survient à distance. Majorée par une mauvaise hydratation, une carence en magnésium et le tabagisme, elle cède aux étirements doux, en tirant les orteils vers l’avant en cas de crampes sous la voûte plantaire, ou en tirant le pied à angle droit voire en marchant sur les talons en cas de crampe au mollet. Opter pour des chaussettes de récupération le soir peut vous éviter les récidives.

Contracture ou élongation

Si vous sentez votre muscle se durcir progressivement, devenir douloureux, sa force diminuer et que la zone est sensible à la palpation, stoppez l’effort, car la contracture (ou l’élongation : symptômes semblables mais plus intenses) peut se transformer en déchirure. Faites quelques étirements doux, alternez des compresses de chaud et de froid, massez doucement depuis les chevilles vers le genou, enfilez des chaussettes de récupération et laissez le muscle récupérer pendant deux à quatre jours. Vous pouvez faire un peu de vélo, de natation ou d’électrostimulation. Si les symptômes persistent, consultez.

Déchirure ou rupture musculaire

La douleur, toujours vive, brutale et survenant lors d’un effort trop violent, doit vous conduire à stopper net l’effort et à consulter. Elle traduit, en effet, la déchirure de plusieurs fibres musculaires, voire la rupture, parfois accompagnée d’un craquement et de l’apparition d’une boule due à la rétractation du muscle. En attendant la consultation, contentez vous d’immobiliser le mollet et ne prenez surtout pas d’aspirine.

Syndrome des loges

C’est surtout en côte ou lors du travail de vitesse, et sur des mollets forts que survient cette douleur synonyme d’une trop forte pression sanguine à l’intérieur d’une loge (paroi peu élastique), ce qui a pour effet d’asphyxier le mollet... Même si la douleur, qui donne une sensation de fourmillements et s’accompagne d’un durcissement du muscle, s’estompe en général dans le quart d’heure, ne reprenez pas la course mais surélevez les jambes et... consultez en urgence. Souvent, une réadaptation de l’effort, des massages et des étirements suffisent à traiter ce traumatisme musculaire. Mais, une chirurgie peut s’avérer nécessaire pour libérer le muscle de son carcan.

Zoom : Ce n'est pas forcément musculaire

Ne prenez jamais une douleur au mollet par-dessus la jambe. Souvent musculaire, elle peut aussi être le symptôme d’une pathologie osseuse, neurologique ou vasculaire. Et relever d’une urgence médicale. Ainsi, une « crampe » qui bloque toujours la foulée au bout de la même distance peut traduire une artérite (artère qui se bouche) et une douleur « qui chauffe » et se manifeste spontanément (notamment faute d’hydratation ou d’une immobilisation prolongée en voiture ou en avion) peut signifier une phlébite, elle-même représentant un risque d’embolie pulmonaire.