Cryothérapie : des effets confirmés !

Cryothérapie : des effets confirmés !
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De nouvelles données scientifiques* sont récemment venues étayer les bienfaits de la cryothérapie du corps entier (CCE) sur la performance sportive. On fait le point.

Pour récupérer après une épreuve, accélérer la guérison d’une blessure musculaire... la cryothérapie du corps entier (CCE) fait de plus en plus d’adeptes, tant du côté des médecins que des sportifs. Une quarantaine de centres en France proposent désormais cette technique de choc initiée par l’Insep.

Jusqu’à - 170° C

La CCE consiste à exposer le corps entre deux et quatre minutes à un froid extrême pouvant progressivement atteindre -170°C dans une chambre fermée refroidie par des compresseurs ou dans un cryocylindre (cryothérapie corps partiel) refroidi par de l’azote propulsé. Confronté à ce froid sec et sans air, le corps (impérativement non humide) subit alors un choc thermique qui va lui être bénéfique. Pour que la température corporelle interne puisse se maintenir à 37° C (exposée à -120° C, elle ne baisse que de 0,63° C), les vaisseaux sanguins périphériques sont alors obligés de se contracter, et ce phénomène de vasoconstriction va avoir un effet drainant, anti-inflammatoire et antalgique.

Récupération immédiate

Chez le sportif, la CCE permet ainsi de réduire fatigue, dommages musculaires, stress oxydatif, inflammation et troubles du sommeil. Ce qui, concrètement, se traduit par une optimisation du traitement des pathologies musculo-tendineuses, une meilleure récupération et, donc, la possibilité d’augmenter la charge d’entraînement (voire d’enchaîner les épreuves) tout en diminuant le risque de blessures. C’est d’ailleurs en récupération que la méthode s’avère particulièrement efficace, notamment quand elle est réalisée dans un court laps de temps après l’effort (moins de 24 h). Elle permet alors de récupérer la force musculaire en une séance et de considérablement limiter les ­douleurs musculaires ainsi que ­l’inflammation post-exercice. Lors d’un entraînement intense, cinq à dix minutes permettent, dès le premier jour, d’augmenter de 25 % la qualité du sommeil, donc la récupération…et la performance.

Douleurs articulaires, anxiété…et perte de poids

Les dernières études viennent de démontrer que la CCE permet aussi de réduire douleurs et fatigue liées aux pathologies articulaires (mal de dos, polyarthrite, fibromyalgie...), et d’agir sur le stress et l’anxiété, qui en majorent l’intensité. Dans ce cas, le traitement se fait sous forme de cure de deux à trois semaines, à raison de deux à trois séances hebdomadaires, comme dans le cas de blessures musculaires. Dernière indication en date désormais validée : la perte de poids. En augmentant la thermogenèse et la mobilisation des graisses blanches, la CEE stimule le métabolisme des lipides et fait perdre 800 kcal en trois minutes. Cristiano Ronaldo et James Bond (Daniel Craig) en seraient de fervents adeptes !

Avis médical requis

Les vertus de la CCE, méthode ouverte à tous, ne doivent pas faire oublier que le froid intense peut tout de même être contre-indiqué. Hypertendus, personnes souffrant de pathologie cardiaque, de syndrome de Raynaud, d’asthme non stabilisé ou d’état infectieux doivent ainsi s’abstenir. Pour les autres, un certificat médical ­d’aptitude est impératif. De même qu’un budget adapté : non remboursée, la séance de CCE coûte entre 40 et 60 €.

Qu’en est-il du bain glacé ?

Plonger dans une poubelle remplie de glace réduit surtout les hématomes intramusculaires générés par des sports comme le foot ou le rugby. Pas les courbatures post-jogging. Lesquelles ont, par ailleurs, le mérite de se poser en phénomène de réparation naturelle des tissus et de les rendre plus forts. Alors, pas de regret.

* étude de l’université de Liverpool, présentée le 13/12/2016 à l’Insep (Institut national du sport, de l’expertise et de la performance).