Lésion du ménisque : comment rester dans la course?

Lésion du ménisque : comment rester dans la course?
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Usé par la pratique ou blessé par un traumatisme, quand le ménisque trinque, le genou souffre et/ou se bloque. La chirurgie n’est pas toujours la meilleure solution pour rester dans la course.

Un amortisseur mis à rude épreuve

Niché dans l’articulation du genou, le ménisque (deux par genoux, interne et externe) est une petite cale doublement importante qui permet à la fois de stabiliser l’articulation et de protéger le cartilage en amortissant les impacts au sol lors de la foulée. Problème : il est fragile. Avec l’âge et à cause d’une pratique intensive, il finit par s’user, se fissurer. Et lorsqu’il est confronté à un saut mal réceptionné voire même au passage brutal d’une position accroupie à debout, il peut se déchirer, se fracturer.

S’il est usé par la pratique

Parce qu’il supporte de fortes contraintes mécaniques, le ménisque d’un sportif s’use plus vite que celui qu’un sédentaire. Chez le coureur assidu, la lésion dégénérative peut débuter dès 30 ou 40 ans. Comme un pneu usé par les kilomètres, le ménisque perd en souplesse, se fissure et le genou devient alors plus vulnérable aux pressions. C’est la véritable cause de la douleur, le ménisque en lui-même n’étant pas innervé.

Si le genou est douloureux mais ne bloque pas, le traitement sera médical : anti-inflammatoires, kiné (travailler la rotation du genou pour stimuler à nouveau la production de collagène), orthèses plantaires (pour soulager les contraintes mécaniques), infiltrations de cortisone, visco-supplémentation (infiltrations « huileuses » une à deux fois par an). En début de traitement, les sports portés (vélo, natation) seront privilégiés à la course et, parallèlement, il faudra travailler l’amorti de la foulée avec un coach pour assurer la reprise (au bout de deux à trois semaines).

Si malgré tout la douleur perdure et le genou gonfle, cela peut signifier une persistance de l’ambiance inflammatoire dans l’articulation (et motiver la poursuite du traitement médical) ou, plus embêtant, une atteinte du cartilage (et nécessiter une collaboration entre rhumatologue et médecin du sport).

• Il peut aussi s’agir d’un conflit lié à la présence d’un fragment de ménisque qui dépasse. Visible à l’IRM, il faudra donc enlever le morceau gênant. L’intervention, généralement réalisée sous arthroscopie (sans ouvrir, en ambulatoire) et parfois précédée d’exercices (rameur, vélo) prescrits par le médecin afin de « polir » le ménisque, permet une reprise progressive en trois à six semaines.

S’il a subi un traumatisme

C’est essentiellement chez les sportifs jeunes (15 à 40 ans) que le ménisque est sujet aux traumas. Si la chirurgie est alors l’option privilégiée, des alternatives existent.

• S’il n’y a pas de blocage du genou, mieux vaut laisser s’opérer la cicatrisation naturelle en procédant médicalement comme pour la lésion dégénérative.

• S’il y a fissure très nette sur un sportif ayant une bonne hygiène de vie, pour éviter les problèmes d’arthrose (voir encadré), on préférera réparer le ménisque en le suturant plutôt que d’en enlever un petit fragment. Cependant, il faut agir vite. Et le geste technique – et délicat – nécessite un mois de béquille et interdit la reprise du jogging avant trois ou quatre mois.

• Si le genou est bloqué – parfois au point de ne plus pouvoir étendre la jambe –, il faudra intervenir par chirurgie classique ou sous arthroscopie pour retirer la partie abîmée (il est de plus en plus rare d’enlever la totalité du ménisque). Après un mois de rééducation avec renforcement musculaire, il est possible de reprendre une activité. En commençant d’abord par le vélo, afin de « polir » le ménisque, puis en suivant un entraînement progressif en course. 

Ménisque et arthrose : de cause à effet

Un ménisque lésé ne protège plus correctement le cartilage et augmente de fait le risque de souffrir d’arthrose du genou. Chez le sportif jeune, on préfère donc toujours tenter de réparer le ménisque par suture, même si le repos sportif est long, pour que sa lésion ne fasse pas le lit d’une arthrose à 40 ans. En revanche, chez le coureur de 40 ans et plus, on privilégie toujours le traitement médical à la méniscectomie (ablation partielle ou totale du ménisque) qui, à cet âge, constitue un risque d’aggravation rapide d’un début arthrose.