Repos sportif : Rester compétitif

Repos sportif : Rester compétitif
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Certaines blessures ne sont pas de simples bobos et exigent du repos. Comment conserver vos acquis et un mental d’acier, alors que le médecin prescrit plusieurs semaines d’arrêt...

Entretenez votre mental

Une blessure tombe toujours au mauvais moment. Souvent parce que, porté par l’objectif, on en oublie de lever le pied à temps. Ce mauvais timing, qui prive de l’épreuve préparée de longue date, combiné à la perspective d’un arrêt net et long de l’activité plombe gravement le mental. Un mental que l’arrêt de la production d’endorphines, faute d’activité, ne va pas soutenir. Or, le mental, c’est primordial pour activer la guérison et revenir en force. Alors, concentrez-vous à fond sur les séances de rééducation sans en louper une et projetez-vous vers de nouveaux objectifs motivants. Être acteur de sa guérison, être soutenu par le kiné et le médecin du sport et se visualiser positivement (et raisonnablement !) sur une prochaine course, c’est la clé pour ne pas broyer inutilement du noir. Ou pire, reprendre sans feu vert médical.

Compensez par d’autres activités

Stopper momentanément le jogging et ses répétitions bondissantes ne veut pas dire demeurer inactif. Dès que possible, vous devez compenser par des activités portées : vélo et/ou natation ou aquajog pour travailler la gestuelle en piscine. À la fois pour doper votre mental (éviter de tourner en rond, retrouver les endorphines) et conserver le maximum de vos acquis sur le plan musculaire et cardiovasculaire. Sur ce point, c’est le vélo elliptique qui se rapproche le plus d’une séance de jogging, mais il faudra doubler l’effort pour le même résultat sur un vélo d’appartement et en natation. Inutile pour autant de vous épuiser à rechercher la parfaite équivalence. Le plus important est de mobiliser régulièrement votre corps, sachant qu’au bout de deux semaines d’arrêt total, les capacités cardiovasculaires à l’effort diminuent tandis qu’augmente la FC au repos. Néanmoins, tout dépend aussi du niveau de pratique : un coureur ayant six mois d’expérience peut vite se retrouver à zéro. C’est bien moins vrai pour un runner aguerri.

Nourrissez votre masse musculaire

Quand les dépenses énergétiques sont réduites faute d’activité physique habituelle – a fortiori si vous aviez l’habitude de faire beaucoup de sport –, il faut non seulement bannir les raids sur la pâte à tartiner, le saucisson, le fromage... mais aussi réduire les apports caloriques auxquels vous étiez habitué. Sinon, prise de poids assurée. Pour entretenir la masse musculaire sans nourrir le gras, vos repas doivent comprendre davantage de légumes et protéines, mais moins de féculents : 3 c-à-s de pâtes cuites au déjeuner suffisent.

Ne loupez pas la reprise

Une reprise anticipée de l’activité fait souvent partie intégrante du protocole de soin dans la mesure où stimuler la zone lésée (entorse, tendinite..) accélère sa réparation et permet de relancer l’aptitude biomécanique à la course. C’est au médecin de décider de la date (en général, dès que vous pouvez trottiner sans douleur). C’est à vous de respecter à la lettre les consignes de reprise progressive (durée, intensité, terrain, éventuellement PPG...), encadré par un kiné pour ne pas vous blesser à nouveau. Si l’arrêt a été consécutif à un accident cardiaque, la reprise ne pourra se faire que dans le cadre de la réadaptation cardiaque, entourée d’une équipe pluridisciplinaire et après un test d’effort.

Zoom : Electrostimulation-maison : oui ou non ?

Les activités portées permettent de bien entretenir la pompe cardiaque, mais ne font évidemment pas travailler le bas du corps comme la course. Pour ceux qui possèdent déjà un appareil, l’électrostimulation est alors un plus pour conserver la force musculaire qui régressera toujours un peu, même chez les plus aguerris. À utiliser en programme de renforcement musculaire sur quadriceps, ischio-jambiers et mollets, 2 à 3 fois par semaine.