On ne rigole pas avec un claquage

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Ce coup de poignard que vous avez ressenti à l’arrière de la cuisse ou du mollet est loin d’être anodin. Pour éviter un repos sportif prolongé et des risques de récidives, vous devez le prendre au sérieux.

  • Le reconnaître : primordial pour la suite

Alias déchirure musculaire, le claquage porte bien son nom : il traduit l’effilochage de plusieurs fibres musculaires, au sein du muscle ou au niveau de son point d’attache. Dans tous les cas, la douleur, qui fait l’effet d’un coup de poignard (ou de fouet, au choix) résulte d’un effort musculaire trop intense et trop violent par rapport à ses capacités, ce qui se solde par un étirement soudain et excessif des fibres... et clac ! Pas d’autre choix alors que de stopper la course. Mais attention à ne pas confondre déchirure et rupture musculaire (voir encadré).

  • Les premiers soins : simples mais indispensables

En première intention, vous devez toujours glacer, compresser (léger) et surélever le membre lésé. Ceci pour limiter le saignement, l’expansion d’un éventuel hématome intramusculaire et favoriser le retour veineux. Pour calmer la douleur aussi (le froid est un antalgique) sans avoir recours à l’aspirine ou autres anti-inflammatoires contre-indiqués pendant 48h. Rien ne vous empêche en revanche de prendre du paracétamol (3g/jour maxi) ou encore des granules d’arnica en attendant de consulter et mettre un bandage légèrement serré pour éviter les vibrations lors de la marche.

  • Le bilan médical : essentiel pour estimer les dégâts

C’est dans les 48h au plus tard que devez consulter : en cas de suspicion de lésions graves à l’examen clinique, le médecin peut en effet vous demander de passer une échographie voire une IRM pour évaluer plus précisément les dégâts et dans ce cas, mieux vaut ne pas traîner. Car s’il y a hématome intramusculaire (uniquement visible par imagerie médicale), ce dernier peut empêcher la réparation naturelle des fibres, ce qui risque d’engendrer une épaisse cicatrice, source de douleur et bien sûr, de moindre performance. Si l’hématome est mal placé ou trop important, il peut être nécessaire de le ponctionner pour dégager le terrain et faciliter la guérison spontanée. Il est en effet rarissime d’envisager une chirurgie.

  • Le repos sportif : variable selon les lésions

Hématome ou pas, le repos sportif est nécessaire pour permettre aux fibres de se régénérer naturellement. Il peut aller de 1 à 2 semaines (sans hématome intramusculaire) à 3 semaine (si hématome), voire plus en cas de rupture musculaire (très rare). Après séances kiné (ultrasons, travail spécifique en excentrique, ondes de choc sur cicatrice), la reprise se fera progressivement pour bien réaligner les fibres. Et comme cette mécanisation fait partie intégrante du processus de cicatrisation, elle doit se faire sous coaching... pas à l’arrache, dans son coin !

Déchirure ou rupture musculaire ?

La rupture est un accident traumatique majeur du muscle : celui-ci peut se retrouver déchiré dans le sens de la largeur ou carrément désinséré à un point d’attache, ce qui peut entraîner un arrachement osseux et/ou la rétractation du muscle qui forme alors une boule visible à l’œil nu. Si tel est le cas ou si vous avez entendu un craquement au moment de l’accident, suivi de la présence d’un volumineux hématome, consultez très rapidement.