Universel, pronateur, supinateur trouvez chaussures à votre pied !

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Le pied est une mécanique de précision. Il comprend 26 os, 16 articulations, 107 ligaments et pas moins de 20 muscles ! Moyen de déplacement le plus ancien pour l’homme, il doit être au centre de toutes les attentions du coureur. Comme il heurte le sol entre 500 et 1 250 fois par kilomètre, il est indispensable de bien le chausser. Mais dans l’univers des chaussures de course, il est facile de se perdre.Arnaud Ducret, podologue parisien, nous montre la voie.

Quand changer de chaussures ?
Le changement doit être envisagé après environ 1 500-2 000 km. Une chaussure usée constitue un danger potentiel pour la santé du coureur. Après avoir franchi le millier de bornes, il faut régulièrement surveiller : l’usure du cramponnage, un éventuel écrasement du semellage intermédiaire (plis d’usure), une ouverture malléolaire ou des déchirures dans la partie haute (au niveau de la tige). On peut aussi réaliser certains tests simples, comme celui de l’essorage : si l’on tord la chaussure dans sa diagonale, celle-ci doit ensuite retrouver instantanément sa forme initiale. Idem au niveau de la plante des pieds suite à un écrasement.

Chaussures d’entraînement ou de compétition ?
On choisira à l’entraînement des chaussures plutôt rigides et confortables. En compétition, on privilégiera davantage le critère de la légèreté. Dans le premier cas, elles pèsent entre 300 et 400 g, entre 150 et 250 g dans le second. Mais la durée de vie de ces dernières est nettement plus courte… On retiendra aussi que l’aspect psychologique (« Mes chaussures de compétition sont plus légères donc je cours plus vite ») joue beaucoup. Des études comparatives, qui proposaient à des coureurs des chaussures strictement identiques mais au design très différent, l’ont prouvé ! Dans tous les cas, on veillera à choisir des chaussures adaptées au terrain sur lequel on évolue, à l’entraînement comme en compétition. La notion d’amorti et la typologie de la semelle de contact (présence de crampons) entrent alors en jeu.

Faut-il essayer ses chaussures avant de les acheter ?
C’est impératif… dans la mesure où c’est possible. On peut faire quelques foulées avec dans le magasin ou même à l’extérieur chez certains spécialistes. Il faut aussi tenir compte du fait qu’en courant, le pied s’allonge naturellement (parfois de 6 % sur longues distances). Pour cette raison, il convient d’ajouter une pointure par rapport à des chaussures classiques, mais pas plus (cela correspond environ à 1 cm), car le flottement du pied dans la chaussure serait source de frottements et donc d’ampoules. À l’essayage, le pied doit se sentir libre de mouvement ; il doit être tenu mais pas comprimé. Les femmes doivent opter pour les modèles adaptés à leur morphologie particulière. Les collections qui leur sont réservées tiennent compte du rapport longueur/largeur qui est spécifique.

Existe-t-il une chaussure idéale ?
Non, il ne peut y avoir de chaussure idéale dans la mesure où chaque pied est différent. Chaque coureur est aussi différent : par sa morphologie, sa foulée, la longueur de ses courses, son terrain d’entraînement… D’une manière générale, on considère qu’il existe trois types de pied : universel, pronateur, supinateur. Depuis le début des années 1980, les marques essaient d’adapter leurs produits à ces trois “natures” et la recherche a beaucoup progressé. L’évolution des produits est permanente.