Jog-addict ? Gare à la bigorexie !

bigorexie
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Maladie reconnue par l’OMS, la bigorexie concerne celles et ceux pour qui la pratique du sport est passée du stade du plaisir à celui de l’obsession. Principaux concernés : les accros aux sports d’endurance…

C’est quoi au juste ?

Une addiction au sport qui touche aussi bien les professionnels que les amateurs pratiquant assidument voire excessivement. Hommes et femmes peuvent être concernés en raison notamment de la libération d’endorphines, ces hormones du plaisir qu’induisent les sports d’endurance comme le jogging et qui finissent par créer une dépendance, comme une drogue dure.

Pourquoi on en arrive là ?

A chacun ses raisons. Souvent, le sport devient compulsif chez celles et ceux qui ont perdu du poids et sculpté leur corps grâce à la pratique. Mais aussi lorsqu’on y trouve un moyen de combler un vide affectif ou d’y forger une meilleure image de soi en repoussant sans cesse ses limites de performance.

Quels sont les signes ?

La vie du bigorexique ne s’organise plus qu’en fonction de son sport qu’il pratique au moins 6 jours sur 7, avant et après le boulot. Au risque de créer des tensions tant au niveau personnel que professionnel. Ses loisirs seront uniquement consacrés à son activité ; son partenaire choisi selon son intérêt pour l’activité ; ses obligations professionnelles reléguées pour peu qu’elles occupent un créneau programmé pour l’activité. On note aussi une grande irritabilité, une morosité, des troubles du sommeil…

Quelles conséquences ?

Outre les difficultés relationnelles qu’elle peut engendrer, la bigorexie peut évidemment avoir des répercussions physiologiques. Le surentraînement ne va pas sans risques accrus et répétés d’accidents musculaires, tendineux, cardiaques, même. Ni sans risques d’avoir recours à une médication ou des substances hasardeuses visant à toujours repousser ses limites de fatigue, de douleurs et compenser une performance sportive en baisse pour cause de surmenage physique. Un cercle vicieux.

Comment ça se soigne ?

Rarement grâce à l’entourage proche face aux remarques duquel le bigorexique, dans le déni de son addiction, aura même tendance à en rajouter. La guérison passe généralement par la consultation d’un médecin psychologue. Avec pour objectif : retrouver dans le sport le plaisir de pratiquer sans se sentir contraint de le faire sous peine de perdre pied. Ce qui peut se mettre en œuvre par la diversification des activités et la pratique en groupe pour retrouver une sociabilité qui a fini par s’estomper.

* Un service spécialisé dans le traitement de la bigorexie existe à Bordeaux : Le CAPS, Centre d’Accompagnement et de Prévention pour les Sportifs.

A NOTER :

10 heures… par semaine, c’est le seuil au-delà duquel une pratique mono-sportive de loisirs risque de basculer dans la bigoréxie. 30 heures pour un pro.