Nutrition : peut-on tout se permettre, sous prétexte que l’on court ?

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Sous prétexte d’être coureur et donc sportif, certains pensent pouvoir se permettre tous les excès au niveau diététique et alimentaire. La réalité est bien plus complexe que cela. Explications.

On peut se demander si l’apport calorique débridé peut être compensé par une dépense énergétique appropriée. Si la réponse était positive, le coureur à pied aurait pu se baser sur une simple balance arithmétique entre les apports et les dépenses. Il pourrait alors tout se permettre au resto, et rester dans les clous au niveau du poids, simplement en augmentant ses séances d’entraînement en durée et/ou en fréquence.

C’est d’ailleurs souvent une des bonnes raisons invoquées par les joggers : outre le plaisir et le bien-être que procurent la course, c’est en plus un moyen de garder la ligne, tout en menant une vie « normale », c’est-à-dire sans avoir à toujours faire attention, à tout refuser, et en restant festif et convivial quand les occasions se présentent.

Courir pour garder un poids de forme plutôt que pour en perdre

On connaît tous les trucs pour courir de manière rentable au niveau de la perte de masse grasse : longtemps et doucement plutôt que vite et court, si possible à jeun de temps en temps. De fait, la silhouette de nos joggers est souvent plutôt flatteuse et profilée. On peut d’ailleurs se demander à ce sujet si le fait de courir permet d’obtenir la ligne, ou inversement si le fait d’être plutôt mince incite davantage à prendre du plaisir en courant. Les deux sont probablement vrais, car il est plus incitatif de démarrer la course à pied sans surcharge, mais le jogging est également un excellent moyen de réguler son niveau pondéral.

Alcool : difficile à éliminer

Pour autant, cela ne veut pas dire que l’on peut faire n’importe quoi au niveau alimentaire. Tout d’abord parce que certains apports caloriques ne pardonnent pas. C’est notamment le cas de l’alcool dont les (nombreuses) calories ne sont pas directement utilisables par l’organisme. Elles passent d’abord par une phase, non négociable, de stockage en tissu graisseux (triglycérides). Inutile donc de croire que les apéros et autres libations alcooliques se rattrapent en courant, ou que les verres descendus pendant une fête se brûlent en dansant. Que nenni !

Mieux vaut courir que dormir

Ensuite parce que le fait de se permettre n’importe quoi au niveau nutritionnel n’est pas exactement le meilleur moyen de se mettre en condition pour courir ; il suffit de voir l’état léthargique dans lequel on se trouve après un gros repas le midi pour comprendre que la sieste sera plus la bienvenue qu’un petit footing. De même, les chips et les cacahuètes ne sont pas le meilleur moteur à propulsion pour la course à pied.

Enfin parce que tout n’est malheureusement pas simplement affaire d’arithmétique et d’équilibre entre les apports et les dépenses au niveau du fonctionnement de notre organisme, même si bien sûr ça compte quand même. Cela n’a, par exemple, pas la même conséquence de manger 0 calorie le matin, 0 calorie le midi, et 2000 le soir, que de répartir harmonieusement cet apport au cours de la journée, pourtant pour un même apport énergétique par 24 heures.

Point trop d’excès, la clé de du succès

On s’aperçoit donc que ces idées, que l’on dit « reçues », reposent sur une réalité de départ, mais que l’on ne doit pas faire de cette réalité, qui tient du bon sens, un credo à toute épreuve.

La course à pied permet indubitablement d’augmenter ses dépenses énergétiques, et par là même de se faire plaisir de temps en temps avec quelques bons gueuletons, mais le jogging reste un sport assez exigeant et qui ne supporterait pas les excès continuels et une alimentation qui ne serait pas sous contrôle la plupart du temps.