Fumer ou courir : il faut choisir

Cigarette
Le

On pourrait penser que la pratique d'une activité physique régulière atténuerait les effets négatifs du tabac. Il n'en est rien. Ils sont au contraire majorés au cours et au décours des efforts. Ils nuisent aux performances sportives et présentent des risques graves d’accidents cardio-vasculaires.

Fumer ou courir : il faut choisir. | Photo Thinktock

Les principaux problèmes engendrés par le tabagisme chez le sportif sont liés à la nicotine, au goudron et au monoxyde de carbone contenus dans la cigarette. Le coureur a besoin d'un cœur, de poumons et de muscles qui tournent à plein régime. Or, le tabagisme nuit à tous ces organes qui aident à la performance. Sur le plan pulmonaire, le monoxyde de carbone se fixe sur les globules rouges avec une affinité plus de deux cents fois supérieure à celle de l'oxygène, altérant l'oxygénation des muscles. Cette baisse de l'oxygénation peut atteindre 20 % chez certains fumeurs.

L’appauvrissement de l'oxygénation des muscles et du cœur a clairement des conséquences pour le coureur débutant, occasionnel ou compétiteur. Le tabac est donc un frein. Le coureur fumeur atteindra sa VO2 max (sa capacité maximale d’absorption de l’oxygène) plus tôt que le non-fumeur. Fumer et faire du sport, c'est comparable à s’entraîner à 3 000 m d'altitude (les performances sont meilleures au niveau de la mer où la concentration en oxygène est plus importante).

Et ceux qui pensent que fumer, en atténuant l’anxiété et en aiguisant la vigilance, peut améliorer leurs performances sportives se trompent.

Des muscles moins efficaces

Le tabac a également un effet nocif sur les muscles. La stimulation par la nicotine augmente la production d'acide lactique. À long terme, cela conduit au développement des fibres musculaires anaérobies, celles dont le coureur a moins besoin, qui induisent une fatigabilité plus rapide et une récupération plus lente. À contrario, les fibres aérobies, très utiles au coureur, verront leur nombre diminuer.

Au repos, la nicotine accélère la fréquence cardiaque et fait monter la tension artérielle, deux effets contraires à ceux recherchés par le coureur. Son effet coupe-faim peut également engendrer des hypoglycémies. Et moins de sucres, c'est moins de carburant énergétique pour les muscles et donc une baisse des performances.

Des effets nocifs sur le sang et le cœur

Le tabac engendre une réactivité anormale des artères, qui peuvent se fermer au lieu de s'ouvrir et inversement. Il diminue la capacité de “nettoyage” et des caillots peuvent se former. Certains produits contenus dans la cigarette occasionnent un spasme des artères du cœur en période d'effort, c'est-à-dire que les artères se contractent brutalement jusqu'à se boucher alors qu'elles ne présentent aucune atteinte par ailleurs.

Le tabac favorise également le regroupement des plaquettes, qui peuvent former des caillots obstruant les artères. Il présente des risques d'accidents cardio-vasculaires gravissimes : mort subite et infarctus du myocarde. C'est pour ces raisons que le Club des cardiologues du sport a énoncé dans ses règles d'or : « Pas de cigarette deux heures avant et deux heures après un effort. »