Focus sur la fréquence cardiaque de repos

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Si une fréquence cardiaque basse au repos est synonyme de bonne condition physique et d’un bon niveau d’entraînement, elle ne garantit pas pour autant la performance. Explication de cette double vérité qui peut paraître paradoxale.

Au repos, chaque être humain consomme la même quantité d’oxygène pour vivre. Cet oxygène est prélevé de l’air ambiant lors de la respiration puis transporté dans tout le corps par la circulation sanguine grâce au travail du cœur, véritable pompe dont le débit (exprimé en litres par minute) est toujours le même en situation de repos (comme le ralenti d’un moteur). Ce débit correspond au volume d’éjection du cœur (exprimé en millilitres de sang) multiplié par la valeur de la fréquence cardiaque (exprimée en nombre de battements par minute).

Au repos, pour un même débit du cœur, plus le volume d’éjection est élevé (c’est le cas pour un coureur qui s’entraîne beaucoup et donc muscle son cœur), plus la fréquence cardiaque va baisser pour maintenir un débit cardiaque constant.

Moins de 50 bpm pour les sportifs endurants

L’entraînement en endurance peut faire baisser la fréquence cardiaque de repos de près de 15 battements par minute. 15 à 20 % des sportifs endurants – et notamment les coureurs – ont une fréquence au repos inférieure à 50 battements par minute. Des valeurs plus basses (30 battements par minute) sont même parfois relevées lorsque la charge d’entraînement est importante et surtout axée sur des sorties longues réalisées à faible intensité.

Souvent, s’associe à la baisse de la fréquence cardiaque de repos une variabilité de cette fréquence qui donne une impression de pouls irrégulier. Elle ne doit pas faire craindre un problème de trouble du rythme pathologique. Cette variabilité atteste au contraire une bonne santé générale. L’entraînement en endurance bien réalisé rend notre cœur plus lent et plus “variable” au repos. Rappelons que la fréquence cardiaque de repos doit être mesurée le matin au réveil, en position allongée, sur plusieurs prises de pouls de 20 secondes pour tenir compte de cette variabilité du rythme, idéalement sur trois jours consécutifs.

Un bon indice d'efficacité de l'entraînement

Reste que la fréquence cardiaque de repos n’est pas un indice fiable et reproductible de l’efficacité de l’entraînement. Elle n’est donc pas un indice de prédiction de la performance sur une distance donnée. Ce n’est pas parce qu’un marathonien a une fréquence de repos de 35 battements par minute qu’il sera champion olympique (par contre, il est indiscutable qu’un marathonien ayant une fréquence cardiaque de repos de 75 battements par minute a très peu de chance de le devenir).

En fait, la fréquence cardiaque de repos est mal corrélée avec deux autres facteurs qui sont, eux, prédictifs de la performance : la consommation maximale d’oxygène (VO2 max) et la réserve cardiaque, qui est la différence entre la fréquence cardiaque maximale (FCM) et la fréquence cardiaque de repos. En termes de fréquence cardiaque, ce qui compte surtout, c’est l’importance de cette réserve. Plus elle est élevée, plus la plage d’utilisation du “moteur” est grande.