Repos, réserve : des fréquences cardiaques encore méconnues

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On connaît bien la fréquence cardiaque maximale (FCM). Mais les vertus d’une fréquence de repos (FR) basse et d’une réserve cardiaque (RC) élevée restent méconnues. Explications.

La fréquence cardiaque (FC) permet d’adapter le débit sanguin du cœur aux besoins en oxygène des muscles sollicités par la course en endurance. Plus on court vite, plus la consommation d’oxygène des muscles augmente et plus le débit de la pompe cardiaque s’élève. La FC est le compte-tours de l’organisme. Le moteur humain possède un ralenti : la FC de repos (FCR) ; un régime maximal : la FC max (FCM) ; et une plage d’utilisation du régime moteur qui est la différence de valeur entre FCM et FCR et qu’on appelle la réserve cardiaque (RC). Les FC correspondant aux seuils sont des repères intermédiaires qui balisent les zones d’endurance et de résistance.

L’entraînement en endurance bien réalisé (plus de 3 heures par semaine) augmente l’efficacité du frein. En clair, la fréquence cardiaque de repos va baisser. Sa mesure se fait au réveil, avant le lever – ou après 10 minutes de repos – et assis, sur 15-20 secondes, avec un cardiofréquencemètre de préférence. Son contrôle bimensuel permet de suivre l’efficacité d’un cycle d’entraînement, toute remontée insolite de la FCR évoquant une surcharge, voire un début de surentraînement. Si la FCR n’est pas le meilleur facteur prédictif de performance, une FCR basse est un marqueur de bonne santé et de… longévité.

Un bon indicateur de potentiel

Avec l’entraînement, la FCM varie peu (elle peut parfois diminuer de quelques battements), mais si la FCR baisse, la réserve cardiaque va augmenter. La FC va accélérer moins vite à l’effort, privilégiant la force de contraction du cœur, qui va éjecter plus de sang à chaque battement. Si une grande réserve cardiaque n’est pas indispensable pour atteindre un niveau élevé de performance, il est évident qu’à vitesse d’accélération de FC identique, plus la réserve cardiaque est grande et plus la capacité cardiaque l’est. Pour deux coureurs qui ont une même FCM de 200 battements par minute et une même vitesse d’accélération de leur FC à l’effort, celui qui a une fréquence de repos de 50 – et donc une réserve de 150 battements – est avantagé sur le plan cardiaque par rapport à celui qui a une fréquence de repos de 60 et une réserve cradiaque de 140 battements. Il pourra courir plus vite, plus longtemps.

Au niveau cardiaque, les acteurs de la performance du coureur d’endurance sont une pompe cardiaque de forte “cylindrée” et une valeur élevée de réserve cardiaque. Ces qualités cardiaques n’expliquent pas tout, la capacité des muscles à capter une grande quantité de l’oxygène transporté par le sang à chaque battement étant aussi importante pour une bonne performance. Le but de l’entraînement est bien sûr d’améliorer ces trois facteurs de façon équilibrée.