Gérer un trail des neiges

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La saison du blanc revient ! Rien de tel qu’un joli Trail des neiges pour se remettre en jambes après les fêtes, en attendant les sports d’hiver ou la reprise sur route. Nos solutions pour y parvenir.

Quel plaisir de courir sur cette neige craquante et moelleuse, le souffle court et brûlant par cet air glacé ! Les jambes se feront lourdes plus vite que d’habitude, mais la beauté de ces parcours immaculés et la soupe aux choux de l’arrivée récompenseront une bonne journée.

Distances réduites pour la reprise

D’une manière générale, les distances et dénivelés sont toujours plus réduits que les trails d’été, tout d’abord pour être plus accessibles en début de saison. On comprend aussi que l’effort demandé pour courir dans la neige est plus important, et il faut donc logiquement revoir les distances à la baisse.

Coté dénivelé, les sommets et cols sont souvent inaccessibles en toute sécurité l’hiver, et les parcours se cantonnent en moyenne montagne et en fonds de vallée. Mais attention, ces parcours roulants et cette alternance répétée de côtes et de descentes sur la neige rendent le terrain d’autant plus délicat et casse-pattes.

Partir bien chaussés !

Les courses de trail blanc sont prévues pour se faire en course à pied, sans raquettes ni autres matériels. Les parcours sont donc damés et la neige tassée pour une allure et une foulée de course à pied. Mais à défaut de vouloir galérer, il est indispensable de partir bien chaussé. Il faut se préparer à différents types de difficultés : neige damée, neige poudreuse, verglas, boue, et quelques parties propres et roulantes…

Pour la neige poudreuse et froide, le damage aura tassé la neige, mais elle restera « sablonneuse ». Les chaussures devront avoir un crantage suffisant pour bien cramponner sur ces parties , mais dans cette semoule aucune ne garantira une accroche impeccable. C’est le terrain le plus fatigant. La meilleure solution est de prendre son mal en patience par une petite foulée courte et rasante.

Pour les portions gelées et verglacées, à moins de disposer de crampons métalliques, Il faudra surtout faire preuve d’habileté et de légèreté, et savoir bien anticiper ces portions traîtres et dangereuses…

Dans tous les cas, des modèles Trails sont indispensables. Les accessoires également indispensables sont les miniguêtres. Elles éviteront d’enfourner la neige par le dessus, et surtout protégeront les tendons d’Achille des glaçons qui se forment à cet endroit par le retour de neige poudreuse.

Equipement long de rigueur

Il faut penser qu’après 4-5 heures de course, on ira moins vite, on se réchauffera moins, on sera en sueur, et on prendra vite froid au premier coup de vent. Il est ainsi indispensable de courir en long en haut et en bas pour ne pas se refroidir à moyen terme, mais aussi pour ne pas se « brûler » en cas de glissades.

Les risques de gelures ou d’hypothermie sont réels en hiver, même en plaines ou à 1.000m d’altitude. Le vent accentue nettement la sensation de froid (c’est l’effet WindChill), à 0°C de température et 30km/h de vent par exemple, la sensation est de -20°C ! Il est donc primordial de s’équiper en conséquence.

Un équipement minimum est toujours obligatoire (réserve d’eau, sifflet, couverture de survie, coupe-vent), mais il est bon de prévoir un peu plus que ce qui est uniquement obligatoire. Ainsi, un bonnet ou bandeau, des gants, et surtout une micropolaire seront très recommandés même s’ils ne sont pas obligatoires.

Une gestion de course prudente

Dans la neige plus qu’ailleurs, il faut savoir s’économiser et attendre patiemment son heure. Il faut impérativement garder une réserve suffisante pour conserver une foulée technique jusqu’au bout dans les passages difficiles (neige, cotes, sols gelés, verglas…), sans quoi ces passages deviendront encore plus délicats. De par la nature du sol, ce type d’épreuve ne se court pas à allure régulière, et il faudra savoir adapter sa vitesse aux conditions du terrain pour toujours rester relâché.

Gagner quelques secondes en passant dans la poudreuse pour doubler les petits bouchons de début de course sera très pénalisant pour la fin de parcours, et il vaut mieux profiter de ces petits temps de repos pour se ravitailler dès le début de course.

Aux premières côtes, il faudra bien privilégier le meilleur terrain pour assurer ses appuis, quitte à ralentir pour s’économiser. Le temps se rattrapera sur les parties roulantes avec des jambes fraîches par rapport à ceux qui auront patiné dans la précipitation.

Ne pas oublier de s’alimenter…

Sur des distances assez courtes (souvent entre 20 et 40 km) et bien ravitaillées, on pourrait être tenté de partir léger en boisson et ravitaillement. Il y en a qui ont essayé… mais ils ont eu des problèmes… Au moins un grand bidon de 750ml serait le minimum pour ne pas avoir la gorge séchée par l’air vif et froid entre chaque ravitaillement. On privilégiera bien sûr de la boisson énergétique, qui s’assimile mieux que de l’eau, et qui alimente le moteur en carburant. Une bonne boisson chaude sera aussi bénéfique en cours de route, le vin chaud n’étant à réserver que pour l’arrivée…

Pour les poches à eau et les bidons, une protection isotherme est indispensable pour ne pas voir l’alimentation en eau gelée dès la première demi-heure. Les glaçons se forment en premier lieu dans le tuyau et la pipette, et un bon petit truc est de souffler dans le tuyau après chaque gorgée pour expulser le liquide dans le réservoir et éviter qu’il ne gèle.

Coté alimentation, compter une barre céréale et un gel par 10 km. Petit conseil utile : les porter dans des poches près du corps si on ne veut pas les voir également geler…

Toutes ces mises en garde ne doivent pas vous inquiéter outre mesure, elles ne sont là que pour mieux vous faire apprécier votre course, qui en Trail se finira (presque) toujours derrière un bon et régional repas chaud…