Asthme et course à pied… : courez sans broncher !

1 Asthme
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L’asthme concerne plus de deux millions et demi de Français. Un chiffre en constante évolution : le nombre d’adolescents malades a augmenté de 40 % en quinze ans, 8 à 10 % des enfants français seraient atteints. Dans ce domaine, le sport peut avoir un aspect préventif à condition de suivre des règles simples.

L’asthme est une maladie de l’appareil respiratoire, elle se caractérise par une hyper réactivité bronchique en réponse à divers stimuli comme les allergènes, mais aussi en réponse à l’effort. Cette réactivité se traduit par une inflammation avec une obstruction des bronches réversible spontanément ou avec l’aide de médicaments appelés broncho-dilatateurs.
L’asthme déclenché par un effort serait présent chez environ 30 à 80 % des asthmatiques, il peut être la seule manifestation de la maladie asthmatique.
Le diagnostic clinique sera complété par des examens complémentaires appelés Épreuves Fonctionnelles Respiratoires (EFR). Ces EFR, si elles sont négatives, peuvent être complétées par des moyens de déclenchement de la crise d’asthme (effort sur vélo ou tapis ou encore inhalation de produit pouvant déclencher la crise).
Enfin sachez qu’il n’existe pas UNE maladie asthmatique. Chaque malade est différent avec des crises d’asthme survenant avec un rythme, une intensité et une durée de crise très variables. Ainsi certains patients devront avoir un traitement de fond avec des prises de médicaments quotidiennes alors que d’autres se contenteront d’un traitement épisodique de la crise ou en prévention avant un effort par exemple. Une toux isolée peut être le seul symptôme d’un asthmatique.

Comme nous venons de le signaler, il existe un asthme d’effort
La course à pied et le ski de fond sont les sports les plus « asthmogènes », ils font partie des sports de fond qui se pratiquent à l’extérieur avec des conditions climatiques qui peuvent être favorables au déclenchement d’une crise à savoir un environnement sec et frais.
Les premières minutes de l’exercice se déroulent sans problème ; puis le sportif s’arrête pour tousser avec une impression de manquer d’air, de ne plus pouvoir respirer. À ce moment, les poumons se mettent à siffler dans la phase expiratoire, ce sifflement pouvant être entendu par l’entourage. L’asthme d’effort peut aussi se déclencher 5 à 10 minutes après l’arrêt de l’exercice, on l’appelle « l’asthme post-exercice ».
Ce type d’asthme ne doit pas remettre en cause la pratique du sport, au contraire. Trop d’enfants asthmatiques sont encore dispensés des cours de sport. Grâce à des règles simples que nous verrons un peu plus loin et, quelquefois, la prise de certains médicaments à titre préventif, l’asthmatique pourra faire le sport qu’il aime. N’oublions pas que de nombreux champions olympiques sont asthmatiques
Certains sports restent malgré tout interdits. On citera la plongée bouteille et dans certains cas l’équitation à cause des nombreux allergènes présents dans les écuries.

Le sport peut -doit- faire partie du traitement de l’asthme.
Une pratique régulière permettra de retarder l’apparition de l’asthme qu’il soit d’effort ou post-effort. Les crises seront de moindre intensité et le traitement pourra être diminué dans la plupart des cas. Ces effets positifs sur l’asthme résultent d’une meilleure adaptation de la ventilation à l’effort en augmentant le débit bronchique. De plus une activité sportive sera bénéfique pour le développement cardiaque et pulmonaire de l’enfant asthmatique et favorisera son épanouissement.
Attention car l’utilisation des médicaments broncho-dilatateurs par voie aérosol ainsi que certains traitements de fond de la maladie asthmatique (cortisone par exemple) font partie de la liste des produits interdits car considérés comme dopants. Leur utilisation nécessite donc une justification thérapeutique qui demande le recours à des tests d’exploration fonctionnelle respiratoire obligatoires et réalisés par un médecin assermenté par la direction régionale de la jeunesse et des sports.

Que faire en pratique ?
- Tenir compte des conditions climatiques avant sa sortie de jogging. En cas d’air frais et sec on pourra mettre une protection sur le visage afin de réchauffer et humidifier l’air inspiré (foulard, écharpe).
- L’échauffement devra être particulièrement lent et long en privilégiant une respiration par le nez au début.
- On pourra prendre 10 à 15 minutes avant l’effort un traitement préventif par voie aérosol (spray).
- L’arrêt de l’exercice devra être progressif pour mieux contrôler sa respiration.
- Au retour de sa sortie un traitement pourra aussi être pris.
- Garder son médicament sur soi, en cas de crise.
- Pensez à boire avant, pendant et après l’effort ; la déshydratation peut favoriser la survenue d’une crise.
- Ne pas faire de sport en période de fièvre ou en période de convalescence de maladie.
Les traitements seront instaurés au cas par cas après concertation avec son médecin.

1 Commentaire
ctrape - A propos des carences

Ce qu'il faut ajouter, aux propos du Dr.Bompard, sur les carences et l'alimentation des sportifs, est que la diététique, la nutrition par extension, sont les parents pauvres du sportifs. Ils sont en général "incollables" sur les méthodes d'entrainement mais on retrouve, trop souvent, une alimentation chaotique, comme chez les non-sportifs; et ceci quelque soit le niveau...Ce qu'a minimisé, mon confrère, est que les examens biologiques sont une fenêtre parfois très partielle (les limites de notre connaissance) du statu nutritionnel d'un sujet mais surtout qu'une petite pilule ne peut compenser un "égarement diététique chronique". Au delà des carences, quant à "l'optimisation nutritionnelle", c'est un concept intellectuellement satisfaisant, mais il faudra que la nutrition intéresse un peu plus la médecine française qui est plus thérapeutique que préventive pour pouvoir avoir à notre disposition des instruments fiables. Il faut savoir que les oligo-éléments ont des fonctionnements en synergie et des effets opposés selon leurs status: c'est dire la complexité du problème, mal résumé dans une constante biologique. Privilégier le naturel, de préférence bio, histoire de limiter les pesticides qui ajoutent une composante problématique, reste à ce jour la meilleure des démarches.

le 23/12/2011