La course à pleines dents Bon pied… bonnes dents !

Sourire
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Des dents mal soignées, une dentition déséquilibrée peuvent être à l’origine de certaines pathologies du coureur telles que les tendinites à répétition.

Depuis quelques années les médecins du sport se penchent de plus en plus sur l’état dentaire des sportifs dans la prévention des pathologies musculo-tendineuses mais aussi pour la compréhension de tendinopathies chroniques rebelles aux traitements classiques. Pour l’intérêt du sportif, en cas de pathologie chronique, une collaboration entre médecin du sport et odontologue ou stomatologue s’impose.
Ainsi, on observe de plus en plus de jeunes athlètes de haut niveau avec des appareils dentaires de correction des troubles de l’articulé dentaire (Ronaldo dans le domaine du football, les sœurs Williams côté tennis ou encore Marie-José Perec en athlétisme par exemple) et si on observe bien les athlètes de haut niveau, ils ont tous des dents de vedette de cinéma. Le port d’un appareil dentaire ne concerne donc plus uniquement les enfants ou les adolescents, mais aussi les adultes. Afin de donner à nos athlètes les meilleures conditions de pratique, le concours d’un dentiste est maintenant bien répandu comme à l’INSEP (institut national des sports).
Avant de parler des problèmes que peut engendrer une mauvaise dentition, sachez qu’un bon état bucco-dentaire passe d’abord par une bonne hygiène dentaire quotidienne. C’est-à-dire :
- Brossage des dents après chaque repas.
- Usage de fil de soie, de bossettes ou d’hydropulseurs.
- Éviter les sucres rapides type friandise ou soda entre les repas mais aussi les boissons et aliments de l’effort qui sont souvent à base de saccharose (bien regarder la composition).
- Faire usage du fluor dés la jeune enfance, et pour les adultes qui ont fréquemment des caries prendre 1 g par jour de fluor à laisser déliter dans la bouche.
- Faire une visite deux fois par an chez votre dentiste sans attendre d’avoir des douleurs.
- Faire contrôler le bon alignement dentaire, le bon fonctionnement de l’articulation temporo-mandibulaire et le bon positionnement dentaire lors de l’occlusion de la bouche par le médecin du sport lors de la visite d’aptitude annuelle.
Notion de posture et occlusion dentaire.
Il est encore mal connu chez les médecins et les dentistes que des troubles de posture peuvent avoir pour origine un dysfonctionnement de l’occlusion dentaire (c’est-à-dire le contact entre les dents). Le trouble de l’occlusion s’appelle un dysfonctionnement cranio-mandibulaire, qui peut-être soit musculaire, soit articulaire. Un dysfonctionnement est dû à la constriction (serrage) des mâchoires, qu’on appelle bruxisme.

Une étude a pu montrer que des perturbations mécaniques dans le geste du sportif peuvent apparaître en modifiant artificiellement le bon fonctionnement mandibulaire (L’articulation temporo-mandibulaire et les muscles afférents permettent de mastiquer, d’avaler, de parler et de bâiller).
On en conclut donc que des affections bucco-dentaires peuvent être à l’origine de pathologies secondaires à ces mauvaises positions gestuelles. Ces observations ont montré que les nerfs de la gencive et des dents interviennent aussi dans la position fine en station debout et la facilitation gestuelle, en agissant sur la motricité des muscles moteurs des yeux et de la nuque.
Un dysfonctionnement de ce système, appelé manducateur, peut entraîner des craquements ou des douleurs au niveau des articulations temporo-mandibulaires (parfois même des douleurs cervicales) et occasionner des contractures musculaires à proximité ou à distance responsables de troubles positionnels eux même source de pathologies osseuses, tendineuses ou musculaires lors de la pratique sportive.

Des contre-performances sportives, d’origine bucco-dentaires ont été constatées et ont pu être évitées ensuite par la ré-équilibration de l’occlusion dentaire.
Des tests bien précis sont utilisés pour mettre en évidence, au niveau des jambes, les effets d’un déséquilibre mécanique d’origine dentaire, ce test est appelé test kinésiologique ; c’est une technique qui fait déjà de nombreux adeptes aux États-Unis, en Allemagne et en Italie où elle est enseignée officiellement.
On reconnaît tous l’importance d’une bonne posture lors de la pratique sportive et les conséquences qu’un déséquilibre peut avoir sur les structures ostéo-articulaires.
En fait, diverses pathologies dentaires peuvent être responsables de pathologies.
- Toutes les malpositions dentaires nécessitant un traitement orthodontique.
- Toutes les pathologies infectieuses ou douloureuses dentaires entraînant un dysfonctionnement dans la mastication (abcès, caries…).
- Les mauvaises adaptations de prothèses dentaires.
- Les séquelles de traumatisme des articulations temporo-mandibulaires occasionnant une douleur à la mastication.
- Une mauvaise fermeture buccale (occlusion dentaire).
- Une mastication unilatérale quelle que soit la cause.
- Pression excessive des dents de sagesses.
Si vous souffrez de maux chroniques, il est donc nécessaire de faire des examens complémentaires. C’est l’indispensable panoramique dentaire qui domine ces examens complémentaires. Il est facile à réaliser puisqu’il s’agit d’une simple radiologie qui rend compte de la totalité de l’appareil bucco-dentaire y compris les mandibules inférieure et supérieure. Ainsi sachez que le panoramique dentaire est de plus en plus demandé lors de l’admission d’un sportif dans une filière de haut niveau ou lors d’un contrat pour un club professionnel par exemple. Il permet de détecter les caries mais aussi l’état de l’os, d’éventuels kystes, des dents de sagesses mal positionnées et bien sûr de dépister un mauvais fonctionnement mandibulaire.
Conclusion : en cas de troubles ou de pathologies inexpliquées, l’équilibre occlusial et le bon état dentaire doivent être contrôlés par un odontologiste averti à la recherche d’une éventuelle cause dentaire ou parodontale.