Troubles digestifs : c’est très courant !

Troubles digestifs
Le

Les coureurs à pied sont particulièrement sensibles aux troubles gastro-intestinaux en course. Explications et précautions à prendre.

Selon différentes études, 30 à 65 % des coureurs à pied sur longue distance seraient sujets à des troubles gastro-intestinaux lors de la pratique de leur sport. Il faut cependant distinguer les troubles digestifs hauts (nausées, vomissements, éructations, brûlures gastriques, reflux acides) et les troubles digestifs bas ou intestinaux (spasmes coliques, diarrhée, envies impérieuses, diarrhée sanglante).
C’est la baisse du débit sanguin au niveau du système vasculaire du tube digestif, ou ischémie mésentérique, qui apparaît comme le facteur déterminant à l’origine des troubles digestifs. Elle est liée à la vasoconstriction des artères (diminution du calibre des vaisseaux) irriguant le tube digestif en raison d’une stimulation par l’effort du système nerveux sympathique.
Au cours d’un effort sub-maximal, le débit sanguin intestinal peut ainsi être amputé de 80 % au profit du système vasculaire musculaire. Ce phénomène persiste en phase de récupération ce qui explique que les troubles digestifs puissent continuer ou apparaître dans les premières heures suivant la compétition. Ces modifications hémodynamiques (conditions de circulation du sang) permettent d’expliquer les douleurs intestinales, les diarrhées sanglantes, une partie des brûlures gastriques, les diarrhées non sanglantes secondaires à la mauvaise absorption des hydrates de carbone ingérés en course et qui arrivés au niveau du colon fermentent et y retiennent l’eau. Les lésions cellulaires induites par cette mauvaise irrigation intestinale sont aggravées par la libération de radicaux libres au cours de la phase de réperfusion lorsque l’effort s’arrête. Ce qui explique la persistance des troubles lors de la récupération.
Les principales mesures préventives de ces troubles reposent sur un programme d’entraînement bien conduit – entraînement régulier incluant de longues distances – qui a pour effet de réduire les conséquences de l’effort de longue durée, et sur la prise de vitamine E (1 000 unités par jour) pendant les deux semaines qui précédent une compétition, ce qui permet de limiter les douleurs mais pas les diarrhées.
Mais l’ischémie n’explique pas à elle seule les troubles de la motricité digestive ; l’explication des reflux acides, des brûlures et des pesanteurs gastriques se trouve également dans le ralentissement de la vidange gastrique. Cette dernière est ralentie par l’intensité de l’effort, par l’hyperosmolarité du contenu de l’estomac, c’est-à-dire par la présence de boissons trop concentrées en sucre et sels minéraux, par une température trop basse des boissons bues, par une quantité absorbée trop abondante et mal répartie durant l’effort.

Les douleurs coliques souvent associées à des diarrhées et des envies impérieuses sont à l’origine de fréquents abandons sur les marathons et s’expliquent encore par la sécrétion d’hormones digestives induite par un effort de longue durée. Ces dernières accélèrent le transit par la création de contractions violentes du colon et par l’augmentation des sécrétions digestives. Il est également admis que les chocs répétés sur le tube digestif activent la sécrétion de ces hormones.
La prise de pansements digestifs coliques la veille et le jour de la compétition permet d’atténuer ces troubles handicapants.
Enfin notons que ces troubles peuvent être aggravés par le stress d’avant compétition, contre lequel la sophrologie peut constituer une bonne solution.

Le bien boire et le bien manger…
La prévention demande de ne pas débuter un effort long à un rythme trop soutenu par rapport à ses possibilités, de boire des boissons diluées dès le début de l’effort (dilution à 10 % : soit par exemple 100 g de glucose pour un litre) et régulièrement sans dépasser 0,5 à 0,8litre par heure et à une température comprise entre 10 et 15°. Les capacités d’absorption variant d’un sujet à l’autre il est recommandé de se tester avant les compétitions afin de savoir quel rythme et quelle quantité adopter, la moyenne étant de 150 ml toutes les 20 minutes.