Apprenez à prendre du repos

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On parle abondamment au coureur de son entraînement, rarement du « non-entraînement » ces périodes de coupure qu’il faut savoir se ménager pour récupérer et progresser.

S’il paraît évident à chacun que pour progresser il faut savoir planifier son entraînement, il est moins simple d’accepter qu’il faut savoir aussi planifier son repos.
Dominique Chauvelier, preuve vivante par sa longévité au plus haut niveau de la connaissance de soi exprime souvent le fait que tout au long de sa carrière, il a su volontairement par périodes se mettre « en méforme ! »
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, c’est pourtant l’une des clés de la réussite.
Il faut ainsi déterminer deux types de mise au repos :
- Le repos planifié
- Le repos forcé

Le repos planifié fait partie intégrante du plan entraînement
Il se prépare en fonction des objectifs sportifs, des compétitions. Il ne faut pas le considérer comme la fin d’un cycle d’entraînement mais au contraire comme le début d’un nouveau cycle. C’est un repos « actif », géré, récupérateur, fait pour se ressourcer. C’est ce que l’on appelle dans le jargon des coureurs la coupure, dont on peut déplorer qu’elle soit parfois connotée négativement, assimilée à la notion de blessure, de traumatisme.
Indéniablement, le coureur de quelque niveau qu’il soit n’aime pas couper, car pour lui, couper c’est SE COUPER de ses sensations
Or, se reposer, c’est d’abord se respecter, remercier son corps des efforts qu’il a accepté d’encaisser, lui permettre de mieux appréhender le moment présent sans objectif précis. C’est tout autant un repos physique que mental.
D’un point de vue physiologique, lorsque l’on parle de repos, on pense bien évidemment aux jambes, aux muscles, à la respiration. Mais vous n’imaginez pas combien un organe comme le foie apprécie ce repos. Cette phénoménale pompe qui en période d’activité doit véhiculer le sang plusieurs fois par jour dans cette machine qu’est le corps humain.
Gérer son repos, c’est aussi comprendre les réactions de son corps. « Je ne me sens pas très bien quand je coupe, limite nauséeux, déprimé. » Cette sensation fréquente n’est d’ailleurs pas l’apanage du coureur ou du sportif dans son ensemble, mais également celle de l’homme ou de la femme d’affaires stressée, qui a du mal à savourer son week-end ou ses premières journées de vacances. En effet, d’un seul coup, on vous demande de fonctionner sans votre décharge habituelle d’adrénaline, d’où ces sensations désagréables, de manque, de mal-être,
D’un point de vue psychologique, ce repos est fondamental, pour être plus performant ensuite ; le plaisir pris tout au long de la saison risque de s’effriter et de tomber dans une certaine routine si l’on ne provoque pas un changement de rythme ou de planning. Et cela ne vaut pas que pour votre pratique sportive.
Un petit conseil pour gérer cette période : allez faire de longues marches LENTES, imprégnez-vous de cette sensation de calme, de facilité, allez faire une petite balade en vélo, mais toujours dans la facilité, le ludique. Evitez cette erreur d’aller se faire un petit footing cool pour changer, car pour votre tête et votre corps, vous serez toujours dans la même dynamique d’entraînement.

Le repos forcé
Le repos forcé, à cause de la maladie ou de la blessure est un repos passif, subi, évidemment moins bien vécu que le premier. Si l’on accepte cet adage que le hasard n’existe pas, et qu’il n’y a pas de blessure innocente, ce repos forcé survient parce que vous n’avez pas été à l’écoute de vous-même ou que vous avez enfreint les règles de bonne conduite. Surentraînement, mauvaise gestion du stress, incohérences alimentaires ou d’hygiène de vie sont autant de causes probables. Ce repos forcé souvent plus long que le repos planifié, sera d’autant plus utile qu’on en aura bien analysé les causes.
Rappelez-vous ainsi que le corps prévient toujours ! Je me sens fatigué, je n’ai pas envie d’y aller, je suis « cassé » le matin au réveil… D’une façon plus symbolique, savoir se re-poser, c’est d’abord savoir se poser !
Je rencontre très souvent des coureurs à mon cabinet qui sont littéralement perdus s’ils ne peuvent plus courir, tout simplement par peur du vide.
La meilleure façon de guérir une blessure est d’abord de l’accepter et non de lutter contre. Apprenons à dire « grâce à ma blessure » et non « à cause de », car si votre corps réagit, il le fait comme une soupape de sécurité.
Dans ce cas, le repos devra être l’occasion de faire un petit bilan, de rechercher les erreurs faites ou les sources « d’agression ». Rappelez vous que le corps humain n’est pas suffisamment masochiste pour disjoncter lorsque tout va bien.