Les suréquipés anonymes

Les suréquipés anonymes
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Au fil des années, on accumule. Chaussures, chaussettes, t-shirts, vestes… Sans vraiment savoir pourquoi. Jusqu’à ce que le placard déborde !

« Les choses que tu possèdes finissent toujours par te posséder. » Tyler Durden, dans Fight Club. Ou Nicolas Gardon ouvrant son placard d’affaires de sport. Et vous ? Allez, sans réfléchir : combien de paires de chaussures de course possédez-vous ? Si vous avez pu répondre rapidement, c’est que vous faites partie des coureurs qui possèdent un nombre « raisonnable » de runnings. S’il vous a fallu du temps et un petit peu de gymnastique intellectuelle, vous êtes dans la zone orange. Si, deux heures plus tard, vous êtes toujours sans réponse (20 ? 40 ? 50 ?), vous souffrez sans doute d’équipementite aigüe… Oui, “équipementite” parce que le problème est loin de concerner uniquement les chaussures. Mais le mieux est de passer un petit test :

> Si une course vous propose le t-shirt en option, le prenez-vous afin qu’il rejoigne la cohorte de ses congénères au fin fond de votre placard ?

> Avez-vous au moins dix vêtements de course que vous n’avez pas utilisé ces douze derniers mois ?

> Quand vous cherchez un certain t-shirt, une veste précise ou la paire de gant qu’il vous faut pour votre prochaine sortie, avez-vous du mal à les retrouver au milieu du bazar qu’est devenu votre armoire de sport ?

> Est-ce qu’il vous arrive d’acheter de l’équipement running sans en parler à votre moitié, histoire d’éviter une énième discussion déplaisante sur la nécessité de posséder six paires de chaussures de trail ou une troisième veste grand froid ?

Si vous avez répondu oui à au moins deux questions, il va falloir vous faire aider ! Et je crois que je vais vous accompagner. Parce qu’avec plus de cinquante paires de chaussures, pas loin de 100 t-shirts techniques, un nombre répréhensible de gants, vestes techniques, Buff et autres gadgets (qui a vraiment besoin de six frontales ?), je ne suis pas un exemple de minimalisme. Alors certes, un certain nombre proviennent de mon activité professionnelle, mais quand même ! Et je ne suis même pas le pire spécimen que je connaisse, puisque j’ai pu entrer dans l’antre d’un coureur fier de ses 200 paires de runnings !

Mais comment en est-on arrivé là ? « Petit à petit » serait la réponse appropriée. Un petit t-shirt en plus par ici, une paire de chaussettes de compression par là et, au fil des années, le placard affiche un bon surpoids d’une vingtaine de kilos. Accumulation du futile, voire de l’inutile. Instinct primaire visant à amasser en attendant les périodes de disette. Le début de la purge a été compliquée. Donner des chaussures était comme un déchirement. Ou comment s’attacher à 250 g de tissu et de caoutchouc. Mais je me soigne. Suis même en mesure de refuser un t-shirt lors du retrait d’un dossard ou d’arrêter les achats compulsifs de paires de chaussettes techniques. Bon, sauf en cas d’opération « deux pour le prix d’une ». Je ne suis qu’humain après tout…