Laure André : Bien dans ses baskets

Laure André : Bien dans ses baskets
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Lorsque Laure André enfile des chaussures de course pour perdre du poids, elle est loin de se douter que quatre ans plus tard et avec 30 kilos de moins, elle se retrouvera mordue, un dossard pour le prochain marathon de Paris en poche !

Portait d’une maman décomplexée.

Perdez 30 kilos et courez un semi-­marathon ! Voilà qui pourrait facilement sonner comme un slogan pour une publicité mensongère, comme on en reçoit tant à cette époque du spam roi. Pourtant, ici, il n’est question ni de pub ni de spam, mais d’expérience. Celle de Laure André, et de la petite phrase qui lui a trotté dans la tête pendant quatre ans. Retour en 2013, loin des chaussures de running, des sorties course à pied et des médailles qui, aujourd’hui, s’accumulent sur les murs de son appartement orléanais.

Tout juste heureuse maman de jumeaux, Laure décide de profiter de cette étape d’importance dans sa vie pour se lancer dans une autre aventure. Fatigue et inactivité de sa grossesse aidant, la jeune femme de 24 ans a pris du poids, trop de poids, et ne se reconnaît plus du haut de sa balance bloquée à 95 kg. Il est temps d’opérer un virage complet dans sa vie. « J’étais déjà en surpoids avant ma grossesse et celle-ci n’a fait qu’empirer les choses, explique Laure. Quand j’ai décidé de commencer à maigrir, je voulais au moins me débarrasser des 17 kilos pris lorsque j’étais enceinte. » Son compagnon de l’époque est un mordu de course à pied et c’est donc naturellement que Laure se tourne vers cette activité physique. « Il faut dire que je n’avais pas de vélo et que la piscine était loin de chez nous, donc j’ai choisi le plus simple ! »

« À deux doigts de jeter l’éponge »

Coachée par monsieur, qui s’occupe de la poussette lors de leurs sorties, Laure s’élance donc sur les sentiers du Loiret… et déchante vite. « Je pense que tous les débutants se retrouveront dans mes propos lorsque je dis que la course à pied est une discipline ingrate quand on démarre ! Après quelques séances, j’étais à deux doigts de jeter l’éponge… » Malgré l’impression de ne pas avancer, de s’essouffler au bout de quelques minutes de course, bravant les douleurs musculaires omniprésentes, la jeune maman décide de tenir le cap coûte que coûte. « C’était capital pour moi de ne pas lâcher, car au-delà de ma perte de poids, j’ai eu très rapidement besoin de la course à pied pour décompresser un peu de ma vie familiale. Avec des jumeaux, ce n’est pas facile tous les jours », lâche-t-elle dans un soupir. Laure reprend également en main son alimentation, limite le sucre et le gras, mais refuse de faire l’impasse sur les petits plaisirs occasionnels, indispensables à son bien-être. « Au départ, je me privais beaucoup et je faisais très – presque trop – attention à ce que je mettais dans mon assiette. Mais je me suis sentie rapidement frustrée et j’ai décidé de me laisser un peu plus de liberté. » Fini les pizzas le soir et les déjeuners au fast-food, bien sûr, mais notre coureuse en herbe ne se refuse pas une petite friandise de temps à autre. « Alors oui, j’aime le Nutella et mes enfants en raffolent, mais il n’y en a plus à la maison ! », sourit-elle. Génération connectée oblige, elle se met à partager sur Instagram des photos de ses sorties et reçoit très rapidement de nombreux encouragements et messages de soutien. « Je ne connaissais pas grand monde qui courait à l’époque et j’ai vraiment apprécié que des coureurs me soutiennent dans ma démarche. Ils m’ont procuré une force mentale supplémentaire pour tenir mes objectifs. » Et un œil extérieur sur ses progrès comme sur sa perte de poids, pas toujours facile à appréhender pour elle. Bien que cette dernière soit flagrante, la jeune femme peine à s’en satisfaire et redoute toujours le regard des autres. « Pendant une très longue période, je me voyais toujours comme avant, malgré ce que je lisais sur la balance. Cette impression de ne pas maigrir assez vite, de ne pas ressembler à l’image que je souhaitais renvoyer alors que j’avais déjà beaucoup maigri, m’a énormément complexée. C’est au travers des compliments de ma famille et de mes amis que j’ai finalement pris conscience que j’avais fait de très gros progrès. »

Les premiers dossards

Laure continue donc à courir, de plus en plus, et les kilomètres s’enchaînent. Les fameuses endorphines et le bien-être qu’elles procurent après une séance de sport font leur effet. Rapidement, elle devient accro. Oublié les 17 kilos qu’elle redoutait tant sur la balance, ils ont depuis longtemps été brûlés, chaussures aux pieds. Et à raison de trois séances par semaine pendant quatre ans, ce seront finalement 30 kilos (de 95 kg à 65 kg) que notre coureuse abandonnera en tout aux bords des sentiers ! La course à pied est devenue bien plus qu’un outil pour maigrir, il est temps de prendre un premier dossard. C’est chose faite en 2015. « J’avais envie de passer des sentiers d’entraînement aux lignes de départ et je lorgnais également avec envie sur les collections de médailles de mes amis coureurs ! » Dont acte, Laure prend le départ de la Noctambule, un 10 km en région parisienne. Une première médaille en appelant d’autres, sa collection s’étoffe bien vite. 10 km Paris Centre, Foulées Roses, la Parisienne, la Course du Grand Paris, Run Disney… les dossards succèdent aux dossards jusqu’au mois de mars 2017. L’heure du premier semi-marathon a sonné… de manière presque imprévue ! « J’avais participé à un concours pour gagner un dossard, mais n’ayant pas de nouvelles, j’avais peu d’espoir de participer à la course. Et puis, on m’annonce que je suis l’heureuse gagnante, alors que je n’avais jamais fait de course de plus de 10 km ! Une fois passé le petit moment d’euphorie, je réalise qu’il me reste moins de quatre semaines pour le préparer… le stress monte ! » Finalement, en dépit de cette préparation accélérée, Laure bouclera ce premier semi en 2 h 15, ravie, malgré la pluie diluvienne du jour.

Pour cette année, Laure André a décidé de placer la barre encore plus haut. « Je suis passée à quatre séances par semaine, et malgré mon objectif chronométrique très modeste (4 h 45), je n’en loupe pas une, pour mettre toutes les chances de mon côté. » En effet, elle s’est aligné en avril dernier au départ du 42e Marathon de Paris, finalement bouclé en 5h37mn03s. Et même si la balance reste toujours dans un coin de sa tête, c’est le chrono qui a fini par prendre le dessus !