Minimalistes vs oversize : opposées mais complémentaires

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L’une, la chaussure minimaliste, abandonne toute notion d’amorti pour reproduire les sensations d’une course “naturelle”. L’autre, la chaussure oversize, mise au contraire sur une semelle très épaisse et incurvée pour accompagner le déroulé du pied. Explications et conseils pour bien utiliser à l’entraînement ces deux concepts très tendance.

Un débat anime depuis quelques années la “tribu” des coureurs à pied : faut-il privilégier des chaussures qui recréent la sensation de la course pieds nus (minimalistes) ou au contraire favoriser l’amorti et accompagner le mouvement du pied ?

Minimaliste : retour aux origines

Le principe du minimalisme (ou barefoot running) est de rendre au pied un peu de liberté. Dans des chaussures de ville et plus encore dans des runnings, notre pied est enfermé dans une coque protectrice. Celle-ci a pour fonction de préserver nos articulations des impacts au sol à chaque foulée, mais aussi de corriger les défauts de notre pose de pied.

Ainsi, des renforts internes ou externes permettent de corriger une pronation (pied qui verse à l’intérieur) ou une supination (pied qui verse à l’extérieur). La forme de la semelle (axe courbe, droit ou semi-courbe) agit également comme moyen de contrôle. Toutefois, à trop contrôler, on finit par rendre le pied passif. Les muscles profonds qui servent à stabiliser la cheville ne sont plus du tout sollicités, les réflexes (nécessaires pour éviter les entorses) s’émoussent et notre foulée perd une grande partie de ses capacités d’adaptation.

Un amorti trop important génère aussi une augmentation du travail musculaire : l’amorti absorbe les chocs mais également une part de l’énergie de la foulée, vous obligeant à pousser un peu plus. Enfin, il a été démontré qu’un amorti important modifiait la foulée : les coureurs ont tendance à “talonner” davantage (pose plus violente du talon), un peu comme si leur cerveau avait enregistré que la chaussure allait amortir l’impact.

Avec une chaussure minimaliste, la pose se fait sur le médio-pied, une partie charnue située juste avant les orteils qui constitue un amorti naturel. Conséquence : un coût énergétique bien moindre.

Oversize : priorité au confort

Complètement à l’opposé des minimalistes, la chaussure oversize se caractérise par une semelle surdimensionnée à la forme très marquée, souvent en arc de cercle. Elle associe un amorti important à cette forme de semelle qui favorise le déroulé du pied. L’idée est – à l’inverse du minimalisme – d’accompagner et d’augmenter l’efficacité de la pose du pied à chaque foulée. Ces chaussures sont censées diminuer les risques de blessures, réduire le coût énergétique de la foulée et augmenter la vitesse de course.

Alors, quelle chaussure choisir ? Il n’existe pas de modèle miracle et il est surtout important de varier les sollicitations à l’entraînement. Toutefois, il serait incohérent, après des siècles d’adaptation à la marche et à la course en chaussures, de vouloir revenir à du 100 % minimaliste. Dans ce domaine, la progressivité et la modération sont donc de mise.