Stop ou encore ?

Stop ou encore ?
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Pas toujours facile de savoir si, en cas de douleur ou d’inconfort, vous devez continuer votre entraînement ou hisser le drapeau blanc. Voici quelques règles qui faciliteront votre décision.

Règle de base, si évidente qu’elle n’est souvent pas respectée par le coureur obnubilé par la réussite de son entraînement : si vous sentez la blessure arriver, arrêtez-vous. Immédiatement. Bien entendu, il n’est pas toujours évident de différencier une blessure naissante et une simple gêne musculaire liée à l’intensité de l’exercice. Un point de repère : si la douleur vous pousse à modifier votre foulée, arrêtez-vous ! De même, si vous ne parvenez pas à atteindre vos objectifs chronométriques habituels sur une séance, pas de panique. Mais si cela se répète sur trois ou quatre séances et que vous vous sentez sans arrêt fatigué, c’est peut-être un signe de surentraînement ou de maladie : oubliez la course jusqu’à ce que vous retrouviez votre fraîcheur ou que vous soyez soigné.

Serrez les dents !

On l’a vu, une erreur courante est de poursuivre un entraînement alors qu’on devrait tout stopper. Mais il faut bien se rendre compte que l’inverse est également possible : décider de ne pas poursuivre alors qu’il le faudrait. L’une des situations les plus souvent rencontrées est celle de la sortie ou de la course commencée trop vite. Imaginons un 8 x 400 m que vous devez faire en 1 min 20 s. Les trois premières fractions passent en 1 min 15 s mais, dès la quatrième, vous faites votre tour de piste en 1 min 25 s. Après le cinquième en 1 min 35 s, vous décidez de tout laisser tomber, dégoûté. Pourtant, la différence entre 1 min 20 s et 1 min 25 s ne vous semblait pas si monumentale !

Selon Stéphane Courtois, coach hors-stade, il est important, dans ces moments-là, de ne pas lâcher l’affaire, quitte à finir à des vitesses bien inférieures à celles visées. Pourquoi ? Histoire de bien régler notre « petit meneur d’allure interne » : « Lors des courses, on peut bien entendu rester le nez collé à la montre. Mais il est à mon avis bien mieux de gérer son allure en comparant l’effort ressenti avec l’effort que nous nous attendons à ressentir : une sorte de mètre-étalon que l’on va affiner avec le temps. Un coureur expérimenté saura exactement comment il doit se sentir au km 20 d’un marathon ou au km 8 d’un 10 km et pourra donc comparer avec ce qu’il ressent à ce moment-là sur la course. Le problème, c’est que si vous partez toujours à des allures trop rapides sur vos entraînements et que ne faites jamais plus de 75 % de la sortie prévue, vous n’arriverez jamais à affiner vos sensations. Il n’est pas anormal, de temps en temps, de partir trop vite sur une séance de fractionné par exemple. Mais si ça vous arrive deux fois par mois et qu’à chaque fois, vous abandonnez avant la fin, vous allez entrer dans un cercle vicieux qui pourrait faire de vous un « abandonneur en série » lors des courses. Alors, la meilleure façon d’apprendre à bien gérer vos allures est d’accepter de ne payer les conséquences quand vous ne le faites pas : serrez les dents et continuez ! »