Dopez votre prépa marathon ! (partie 1)

Dopez votre prépa marathon ! (partie 1)
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Préparer un marathon, c’est enquiller des kilomètres. Sortie longue, fractionné, seuil, le tout saupoudré de PPG et d’une diététique (théoriquement) irréprochable. Mais il existe des stratégies qui vont bien au-delà et vous mèneront au succès ! En voici 3 dans cette première partie.

L’empire du sens

On sait que le cerveau peut mettre votre organisme sur « pause », dans un souci de protection, bien avant que vous ayez, en fait, atteint vos limites physiques. Mais des études récentes ont montré qu’il était tout à fait possible de retarder ce moment grâce au mental. Une expérience, dont les résultats ont été publiés en 2015, a été menée par l’équipe du professeur Emily B. Falk de l’Université de Californie du Sud : des cobayes ont reçu des messages menaçants. La moitié d’entre eux devaient, avant ces messages, penser aux valeurs qui leur tiennent à cœur : avoir du courage, être un bon parent... En se servant d’un scanner cérébral, les scientifiques ont découvert que le cerveau des sujets focalisés sur leurs valeurs les poussait à affronter les menaces et non pas à se mettre en mode « protection », ce qui n’était pas le cas chez les autres cobayes. Pour résumer : plus nous sommes concentrés sur les choses qui nous tiennent à cœur, plus nous sommes en mesure de dépasser les limites que notre cerveau nous impose parfois.

Et je fais quoi ?

Trouvez un sens à votre course autre que courir 42,195 km : le faire pour une œuvre caritative, en l’honneur d’un proche, avec une équipe. Pas besoin d’aller chercher très loin ou très compliqué pour que ça fonctionne : « Je veux inspirer mes enfants pour qu’ils mènent une vie plus saine » est, par exemple, une raison aussi simple qu’efficace. Votre « mantra », vous vous le répèterez sur les parties les plus dures de la course ou lors d’un entraînement ardu. Effets positifs assurés !

Un peu plus haut

Le psychologue hongrois Mihály Csíkszentmihályi a étudié comment les meilleurs dans leurs disciplines (qu’ils soient sportifs ou, par exemple, musiciens) continuaient à s’améliorer au cours de leur carrière. Il a alors découvert que, comme attendu, ils se poussaient jusqu’à leurs limites. Mais, en fait, ils allaient même un peu plus loin. Bref, ils s’imposaient un challenge difficilement réalisable. Mais réalisable quand même. Sortir de sa zone de contrôle est à la fois effrayant et excitant. La difficulté est de bien doser et de trouver un objectif qui va vous demander un effort inhabituel sans pour autant être inatteignable.

Et je fais quoi ?

Lorsque vous allez sélectionner votre plan d’entraînement pour votre marathon, visez un peu plus haut que prévu. 3h50 dans le viseur ? Lancez-vous dans un plan 3 h 45 plutôt que 3h50. Et si, au cours de la préparation, vous voyez que vous n’échouez jamais, réussissant tous vos fractionnés dans les temps voulus ou bouclant les sorties à allure spécifique sans jamais faiblir, revoyez votre objectif à la hausse. Le but n’est pas d’exploser en vol mais d’être parfois dans le rouge, voire de ne pas réussir les chronos espérés sur quelques entraînements. Il vaut mieux faire 7 x 400 m en 1 min 15s et faire la huitième répétition en 1 min 22 s que de passer sans difficulté vos huit fractions en 1 min 20 s.

Contrôlé positif

Le physiologiste du sport britannique Samuele Marcora a démontré d’une façon assez simple que même un petit changement d’humeur peut modifier les performances sportives, dans un sens ou dans l’autre : il a demandé à des cyclistes, tous de niveau équivalent, de pédaler le plus vite possible sur home trainer. Face à chacun, un écran sur lequel apparaissait, pour la moitié d’entre eux, des visages joyeux et, pour l’autre moitié, des visages tristes. Cela se faisait sous forme de « flash », si bien que seul le subconscient pouvait intégrer ces images. Résultat : ceux exposés aux visages joyeux étaient 12 % plus efficaces sur le vélo que ceux exposés aux visages tristes.

Et je fais quoi ?

Le jour de la course ou avant d’attaquer une séance compliquée, donnez un coup de boost à votre humeur. Comment ? Écoutez votre musique favorite, passez du temps dans un endroit apaisant ou avec vos proches. La semaine précédant votre marathon, tenez-vous éloigné des « vibrations négatives ». Bon, ok, j’ai un peu l’impression de me transformer un gourou sectaire, mais éviter au maximum les interactions avec les personnes qui vous rabaissent ou préférer les comédies aux films d’horreur (oui, ça peut vous mettre la tête à l’envers, ce qui n’est jamais souhaitable avant de courir 42 km !) ne peut pas vous faire de mal.