Coureuses à pied… Qui sommes-nous ?

La Toulousaine
Le

La course à pied et la forme, au féminin, voilà l’objet de cette rubrique. En préambule aux différents thèmes qu’il nous sera donné d’aborder tout au long de l’année, le Dr Donati dresse une sorte d’inventaire de nos spécificités ; forces et faiblesses…

  • Squelette

La croissance et la maturité osseuses sont plus précoces chez la femme que chez l’homme avec une taille adulte atteinte vers 15 ou 16 ans alors que, chez l’homme, celle-ci est atteinte vers 17, 19 ans. Les os sont plus petits et les cartilages moins épais.
Morphologie : La femme a un rapport épaules/bassin inversé par rapport à l’homme avec un bassin plus large, ce qui favorise le genu valgum (genoux en x). Le segment supérieur du corps est plus grand que le segment inférieur, les membres inférieurs sont donc plus courts et le centre de gravité est plus bas situé que chez l’homme. À poids équivalent, la surface corporelle est plus grande, la déperdition de chaleur est donc plus importante surtout en atmosphère froide.
Ligaments : Les femmes ont une laxité et un jeu articulaires plus importants que les hommes, en partie à cause de l’imprégnation hormonale féminine qui distend les ligaments et la capsule articulaire (enveloppe des articulations). Cette hyper laxité peut représenter un avantage dans certains sports mais un inconvénient dans d’autres (genoux et chevilles sont plus facilement traumatisés dans les sports d’impact comme la course à pied).
Muscles : A poids égal, les femmes ont plus de masse grasse et moins de masse musculaire : 12 à 15 % chez l’homme, 25 à 30 % chez la femme. Il existe cependant de grandes différences individuelles et selon l’âge, la masse grasse ayant tendance à prendre de l’importance en vieillissant. Les muscles des femmes contiennent moins de fibres musculaires et plus de graisse, mais la proportion de fibres lentes et rapides est identique à celle de l’homme. Globalement, la force musculaire est moindre chez la femme que chez l’homme après la puberté.

  • Spécificités physiologiques

Cardio-vasculaires : Chez la femme, le cœur est plus petit et le débit cardiaque plus faible. La pression artérielle est plus faible jusqu’à la ménopause. La fréquence cardiaque maximale est moins élevée que chez l’homme. La consommation maximale d’oxygène (VO²Max) chez la femme va de 25 à 70 mL/kg/mn alors que chez l’homme elle va de 30 à 90 mL/kg/mn. En fait, rapportée au kilo de masse maigre la VO²Max de la femme n’est que très peu inférieure à celle de l’homme. De plus, avec l’entraînement, la différence femme/homme s’amenuise puisqu’une marathonienne peut avoir un VO²Max de 60 à 70 mL/kg/min, donc bien supérieur à celuid’un homme moins entraîné. Le VO²Max des sportives est de 40 à 100 % supérieur à celle des femmes sédentaires. La concentration en hémoglobine et les réserves en fer sont plus basses en raison des menstruations et donc les femmes ont une moins bonne capacité de transfert de l’oxygène dans le sang.

  • Spécificité génitale

Les règles ne représentent aucune contre-indication à la pratique d’un sport quel qu’il soit. Cependant, cette période réclame un échauffement un peu plus long. Les performances restent identiques avec, pourtant, chez certaines femmes, une légère baisse dans la période immédiatement prémenstruelle et une légère hausse durant la période immédiatement post-menstruelle. Il est préférable d’éviter le stérilet comme méthode contraceptive car elle augmente le volume des règles et donc la perte de fer. Une contraception par pilules mini dosées est préférable.

  • Spécificité psychologique

En règle générale, la femme sportive, est plus raisonnable que l’homme sportif. À esprit de compétition égal, elle appréhende plus justement son niveau et se fixe des objectifs plus réalistes. Elle sait mieux renoncer devant l’apparition de signes d’alerte et, de ce fait, se blesse moins souvent.