C’est mon premier marathon (suite et fin) !

Joie marathon
Le

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Pendant le marathon

Il faut absolument éviter le piège, classique, d’un départ trop rapide, coûteux en énergie, synonyme de fin de course difficile et souvent de contre-performance.
Pour éviter cela, visualisez vos premiers kilomètres : vous êtes comme à l’entraînement, vous intériorisez vos allures, sans vous laisser influencer par le rythme des autres concurrents, vous surveillez et respectez les temps de passages que vous vous êtes fixés en fonction de l’objectif visé : 4 h 30, 5 heures, voire plus.

Sur marathon, se faire piéger par un rythme de départ trop élevé se paie au prix fort. La patience est une des qualités premières du marathonien. Jusqu’au 30e kilomètre au moins, il ne faut rien changer. Respecter les temps prévus et s’économiser le plus longtemps possible.

Arrêtez-vous à chaque poste de ravitaillement.

Prenez le temps de boire convenablement en marchant, même si vous n’avez pas soif. L’idéal est de se munir de gels énergétiques que vous ingurgiterez toutes les demi-heures après le semi-marathon sans oublier de boire ensuite. Cette stratégie doit permettre d’éviter de « cogner le mur ». Expression qui symbolise bien ce que le coureur ressent au moment où ses réserves glucidiques s’épuisent et que ses forces diminuent. Cela s’explique par le fait que le carburant du muscle essentiellement composé, dès lors, de lipides, ne permet pas de soutenir une allure élevée.

Si votre sagesse vous a permis de surmonter cet écueil, les derniers kilomètres seront alors un subtil mélange : la douleur d’un effort somme toute hors du commun et ce plaisir si particulier et si difficile à décrire que l’on ressent à mesure que la ligne d’arrivée se rapproche.

« Et après mon marathon…

Je n’en peux plus. Je crois que je n’aurais pas fait dix mètres de plus.
Plus jamais ça.
L’attente a été si longue au départ. J’aurais dû m’entraîner à piétiner sur place pendant une heure.
Quelle facilité au début quand le peloton m’a emporté, quand le plan de route a été respecté à la minute, quand les paroles joyeuses, s’envolaient, quand les rires fusaient encore, quand le public était un allié. Vais-je tenir ?
J’ai bu à chaque contrôle. Sans m’arrêter. Surtout ne pas perdre de temps. Une sotte obsession. Les kilomètres ont défilé.
La ligne du semi-marathon m’a précipité dans un autre monde. Incertain.
Le bruit des autres a commencé à me déranger, mes muscles se sont noués. Les spectateurs, vulgaires voyeurs, ont commencé à me gêner.
Aurais-je trop bu. Ou pas assez ?
Ma moyenne a dérapé. Mon tableau de marche s’est évanoui.
Finir, au prix de toutes les douleurs. Je suis dans le dur, je suis dans le mur. Je le sens, je le touche. Les autres ont l’air de se promener. Serais-je le seul à débuter, le seul à douter ?
Un seul objectif : finir. Voilà, je marche un peu en quittant le ravitaillement. L’eau m’écœure. Je me fiche de mon temps. Au prochain ravito je m’arrête trois minutes. Juré.
Plus que deux kilomètres. J’ai le cou tétanisé. Deux kilomètres. Une immensité. Ouf, j’ai franchi la ligne. Je n’ai pas levé les bras. Trop dur. J’ai regardé le chrono. 4 h 08 et des bricoles. Plus jamais ça ?

Faut voir… maintenant je sais, je suis marathonien(ne). »