Pour progresser en course, n’en gardez plus sous le pied !

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S’attaquer à une perf', c’est toujours risquer d’échouer. C’est une des raisons pour lesquelles nous nous bridons parfois en course alors que la compétition exige un engagement physique et psychologique total. Plutôt que d’alimenter nos problèmes d’ego, voyons tous les bénéfices que peut nous apporter une course où l’on se donne à fond.

Courir en compétition est probablement l'un des meilleurs moyens, pour un coureur, de se tester. | Photo Vincent Lyky

Pourquoi j’en garde sous le pied en compétition ?

J’ai peur. Peur de mal faire, d’échouer, de décevoir… C’est souvent par peur que nous nous érigeons des barrières psychologiques. Paradoxalement, la peur de réussir peut également nous empêcher de tout donner en course ou même de prendre part à des compétitions. Ces craintes nous limitent. Non, nous ne sommes pas des losers, mais par peur de ne pas être à la hauteur de nos espérances, de ne pas parvenir à réaliser telle performance, nous en gardons sous le pied.

Je stresse. Le stress aussi peut être une entrave en compétition. Ses manifestations au niveau physiologique vont de la tension musculaire à la nausée, en passant par des palpitations ou une sudation excessive. Au niveau psychologique, tension, agitation, crispation, irritabilité nous agitent. Au lieu de nous concentrer essentiellement sur des objectifs techniques ou tactiques comme bien s’échauffer, bien se vêtir en fonction du temps, bien s’alimenter, nous avons tendance à nous laisser envahir par la pression, par l’enjeu. Un excès de stress nous fait perdre notre attention, notre concentration, voire nous paralyse : nous levons le pied – quand nous n’appuyons pas sur le frein – et notre performance s’en trouve altérée.

Je me préserve. Lequel d’entre nous ne s’est jamais dit sur la ligne de départ : « De toute façon, je vais y aller tranquille, je ne vais pas la faire à bloc » ? Pourquoi ce discours ? Parce qu’en cas de mauvais résultat, on pourra toujours le mettre sur le fait de ne pas avoir tout donné. Et en cas de bonne performance, cette prudence affichée servira notre ego : « Oui, c’est bien, mais j’aurais pu faire mieux car j’en ai gardé sous le pied. » Ces stratégies d’auto-handicap ont pour but de nous préserver en cas d’échec.

Course à fond : mon meilleur entraînement

La compétition est pour tout coureur le moyen de se surpasser et de progresser pour atteindre l’objectif qu’il s’est fixé. Ses bénéfices sont multiples. Du fait de l’intensité et de la durée de l’effort, la compétition est le meilleur des entraînements. Elle vous permettra d’obtenir toutes les adaptations positives pour devenir plus performant. Par exemple, pour un objectif 10 km, il sera profitable de courir un 5 km à bloc deux à trois semaines avant. Pour un objectif marathon, un 10 km six à huit semaines avant la course objectif, puis un semi-marathon trois ou quatre semaines avant constitueront à coup sûr un tremplin pour réussir votre objectif le jour J.

Les courses permettent d'atteindre des intensités d'effort rarement atteignables sans les conditions de compétition. Le but étant chaque fois de "choquer" l'organisme pour le préparer et l'habituer à ce niveau d'effort. Les 2 premières sont généralement laborieuses et difficiles, mes perfs s'améliorent ensuite au fur et à mesure pour atteindre un pic sur les 2 dernières. Toute la difficulté consiste à bien récupérer entre chaque course, tout en continuant à s'entrainer... Le manque de compèt se fait alors sentir à l'approche du jour J, l'envie de tout donner pour se dépasser. Mais l'important reste de toujours prendre beaucoup de plaisir.

Le contexte de la compétition permet d’atteindre des intensités d’effort qui ne sont pas accessibles à l’entraînement. À chaque course, le but est de « choquer » l’organisme pour le préparer et l’habituer à ce niveau d’effort. Les premières fois, cela pourra vous sembler laborieux et difficile, mais vos performances s’amélioreront au fur et à mesure des courses jusqu’à vous faire atteindre votre pic de forme lors de la compétition objectif. Veillez cependant à bien récupérer entre deux compétitions et à soigner votre alimentation avant et après chaque course.

Un bon test d’évaluation

Si les différents tests réalisés en laboratoire ou sur le terrain peuvent fournir des données importantes pour prédire une performance, une compétition courue à fond reste le meilleur test d’évaluation pour un coureur. Elle permet d’estimer au mieux une performance future et donc de s’y préparer dans les meilleures conditions. Par exemple, un coureur ayant réalisé 35 mn 20 sur 10 km peut espérer faire un temps de 2 h 52 mn 30 sur marathon. Il pourra en tenir compte pour choisir ses allures d’entraînement spécifiques.

Développer un mental de gagnant

Tout donner en compétition permet en outre de développer les qualités mentales indispensables à la performance : engagement, motivation, volonté, courage, exigence (envers soi-même, sa préparation, son matériel), agressivité dans le bon sens du terme (capacité à vouloir être meilleur, voire le meilleur), concentration, application… Le contexte compétitif, en exigeant le meilleur de vous, vous rendra plus fort, plus conscient de vos possibilités et de votre potentiel. En bref, plus confiant et pourquoi pas plus ambitieux !

Si la compétition peut parfois s’avérer difficile, stressante sur le moment, elle est aussi un plaisir et un bonheur. Le plaisir et le bonheur de progresser, d’acquérir des compétences, de s’améliorer, de se remettre positivement en question, de se prouver des choses, de se lancer des défis, de préparer un nouvel objectif. Elle apporte son lot de partage, de joie et de « gloire ». Alors, la prochaine fois que vous participez à une course, ne vous économisez pas, donnez le meilleur de vous-même. Les bénéfices dépassent les risques et de loin !