Course à pied / Vélo : le match en 7 points

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Les vacances approchent, une bonne occasion pour s'ouvrir à d'autres disciplines. Vous êtes nombreux à intégrer le vélo dans vos programmes d’entraînement. Parfois même à remplacer une séance de course par du vélo. Les bénéfices de cet d’entraînement croisé sont réels… si l’on dose à bon escient l’un et l’autre. Face-à-face en 7 points pour faire le tour de la question et ne pas risquer d’appauvrir son entraînement.

Course à pied contre vélo, le match en 7 points ! | Photo Vincent Lyky

1 / Sollicitation des muscles

Si une grande partie des muscles sollicités en course à pied sont les mêmes qu'à vélo, la course à pied met en jeu une plus grande masse musculaire, notamment les abdominaux, les bras, les pectoraux et les dorsaux pour leurs rôles équilibreur et moteur. Le haut du corps, les bras tout particulièrement, aident précieusement les jambes à aller de l’avant.

Pour vous en convaincre, essayez de courir avec les bras attachés le long du corps ou dans le dos, vous serez surpris ! Cela étant, le vélo, par la force et la durée de contraction musculaire plus élevées qu’il engendre, peut être un bon entraînement de renforcement musculaire pour les jambes (mollets, quadriceps, ischio-jambiers et fessiers).

AVANTAGE COURSE À PIED

2 / Rendement énergétique

Lors du cycle de la course à pied, autrement dit notre foulée, trois phases se succèdent. Une phase d’amortissement (ou freinage) avec un contact du pied au sol qui se fait par le talon, durant laquelle nous emmagasinons de l’énergie. Une phase de déroulement du pied durant laquelle le bassin (centre de gravité) passe au-dessus du pied. Une phase de poussée de l’avant du pied qui utilise l’énergie emmagasinée pour nous propulser vers l’avant.

Grâce à cette action de stockage-restitution de l’énergie élastique – qui n’existe pas à vélo – le rendement énergétique (rapport entre le travail mécanique et la dépense énergétique) est supérieur en course à pied, pratiquement du double comparé au vélo.

AVANTAGE COURSE À PIED

3 / Consommation d’oxygène

La VO2 max (consommation maximale d’oxygène) est mesurée lors de tests d’effort. En règle générale, lorsque les épreuves d’effort sont réalisées sur tapis roulant (test le plus représentatif pour un coureur), la VO2 max est 10 à 15 % supérieure à celle mesurée lors d’un test sur ergocycle (vélo utilisé pour les tests d’effort).

Cela s’explique par la plus grande masse musculaire mise en jeu en course à pied. Toutefois, si le coureur a une pratique (actuelle ou passée) importante du vélo, la VO2 max peut être similaire sur tapis roulant et ergocycle. Voire plus importante sur vélo chez certains cyclistes.

ÉGALITÉ

4 / Effort sans oxygène

La FCM (fréquence cardiaque maximale), la fréquence cardiaque au seuil (85 % de la FCM) et le débit cardiaque étant plus bas en cyclisme, un coureur passe plus de temps dans la filière anaérobie (c'est-à-dire sans oxygène) lors d’une séance de vélo que lors d’une séance de course à pied pour un travail à un même pourcentage de FCM.

Pour preuve, la concentration de lactate sanguin est supérieure à la suite d’un exercice à vélo. Ainsi, la pratique du vélo permet au coureur de travailler facilement sa résistance à des intensités au seuil ou juste au-dessus du seuil.

AVANTAGE VÉLO

5 / Sollicitation du cœur

Conformément à ce qui a été dit ci-dessus en référence à la plus grande masse musculaire mise en jeu en course à pied, on considère qu’à une intensité identique (par exemple 60 % de FCM), la consommation d’oxygène et la dépense énergétique sont supérieures en course à pied. D’ailleurs, la FCM est en moyenne plus élevée (environ 5 %) en course à pied, tout comme la fréquence cardiaque au seuil (à 85 % de la FCM), l’écart entre les deux sports pouvant aller jusqu’à 20 battements par minute.

La différence entre la position debout du coureur et la position très fléchie du buste du cycliste peut engendrer chez ce dernier une altération du travail des muscles respiratoires, notamment du diaphragme. Un autre facteur jouant sur les réponses cardiovasculaires est le travail de pompe musculaire des mollets qui, en se contractant, compriment les parois des veines et favorisent le retour du sang vers le haut et donc vers le cœur.

Les fortes contractions répétées des mollets lors de la course à pied rendent l’action de pompe musculaire plus efficace qu’en cyclisme. Les débits sanguin et cardiaque (volume de sang éjecté par minute par le cœur) sont plus élevés en course à pied.

AVANTAGE COURSE À PIED

6 / Brûleur de graisses

La course à pied favorise davantage le déstockage des graisses (lipolyse) que le vélo. Cela s’explique par le fait que les coureurs à pied passent plus de temps dans des intensités en dessous de l’allure au seuil, où l’on brûle davantage de graisses (lipides). La course à pied sollicitant beaucoup plus de groupes musculaires, la dépense énergétique est aussi plus importante pour une durée d’exercice identique. On consomme donc plus de calories en course à pied, ce qui favorise l’élimination des graisses et la perte de poids.

AVANTAGE COURSE À PIED

7 / Diminution des blessures

À cause des impacts importants et fréquents au sol, la course à pied engendre des contraintes aux niveaux musculaire, tendineux et articulaire. La répétition du même mouvement, sur des durées prolongées, souvent sur des surfaces dures (bitume, piste..) peut, à terme, mener à la blessure. Le vélo étant un sport porté, il diminue fortement ces différentes sollicitations, reposant ainsi les articulations comme les esprits fatigués.

AVANTAGE VÉLO