Foulée du coureur débutant : Cinq défauts passés au crible

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Mauvais positionnement des pieds, crispation, manque de puissance… Ces défauts reviennent régulièrement chez les coureurs débutants. Mais rassurez-vous, une fois identifiés, ils sont faciles à corriger. Explications

La foulée du coureur débutant comporte souvent quelques défauts, faciles à solutionner. | Photo Vincent Lyky

1 / Course avec les pieds en canard

Du fait d’un manque de tonicité musculaire au niveau de la voûte plantaire mais également de technique, le débutant a pour fâcheuse habitude de courir de façon plus ou moins accentuée avec les pieds en canard, ce qui entraîne une course en hélice. Le coureur s’affaisse sur l’intérieur (pronation), les genoux rentrant également vers l’intérieur. Par conséquent, la jambe d’appui est désaxée. Il est plus rare de voir des poses de pieds vers l’extérieur mais cela existe.

2 / Crispation du haut du corps

Un coureur débutant sur deux est hypertendu au niveau des membres supérieurs (notamment les épaules). En cause, le positionnement des mains. En effet, en course comme dans de nombreux sports, le placement de la main détermine celui de tout le bras, entraînant ou non le relâchement du haut du corps. Les entraîneurs de sprint ont pour habitude de vite corriger ce défaut, mais pas toujours ceux de fond. Les mains doivent être dans le prolongement des avant-bras et non cassées vers l’intérieur, ce qui engendre des coudes écartés et des épaules raides. Elles doivent également être relâchées, les doigts un peu espacés et en demi-flexion et non poing serré.

3 / Buste incliné vers l’avant

De nombreux coureurs débutants ont tendance à courir en regardant leurs chaussures. Or, courir avec la tête basse engendre des problèmes techniques dans le mouvement de la course, comme un buste incliné vers l’avant, avec une altération de l’alignement entre bas et haut du corps (cause de maux divers : cou, dos…) et une perte de rendement lors de la pose d’appui. On dit que le coureur “charge l’appui”, car la position du corps penché en avant ajoute du poids lors de la phase d’amortissement. La projection du centre de gravité se retrouve alors en avant de l’appui, ce qui augmente les contraintes sur le membre en appui et crée un déséquilibre auquel le corps tout entier va devoir s’opposer s’il ne veut pas tomber.

4 / Course avec les pieds à plat

Une très mauvaise habitude sur le plan physique, biomécanique et technique. Votre pose d’appui est bruyante et douloureuse lorsque vous courez ? Vous avez l’impression que votre pied frappe le sol et encaisse tout le poids de votre corps plutôt que de l’amortir ? C’est simple, vous courez pieds à plat ! Le pied doit servir de ressort lors de la phase d’appui en course (amortissement, soutien, poussée). Lorsqu’on court pieds à plat, ce principe de ressort est freiné. La course devient alors saccadée et traumatisante pour le corps.

5 / Petite foulée

Cela n’est pas un défaut en soi mais peut poser problème pour la progression du coureur. Il ne faut pas prendre le mauvais pli de toujours courir à petites foulées quels que soient la vitesse ou la distance de course. La cause en est un manque de puissance musculaire des membres inférieurs.

La technique pure, le physique et la connaissance de son schéma corporel sont les trois domaines sur lesquels travailler pour corriger ces défauts. Lorsqu’on débute en course à pied, le manque de tonicité musculaire a très souvent des répercutions sur la technique et l’attitude. C’est pourquoi il est important d’allier exercices techniques, renforcement musculaire et travail corporel. Le travail sera principalement axé sur le dynamisme des membres inférieurs, le relâchement du haut du corps et la tonicité de la ceinture abdominale.