Le haut du corps : fondamental en course à pied

Haut du corps
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En course, c'est le haut du corps qui dicte sa loi au bas, non l'inverse.

En course à pied, c’est le haut du corps qui dicte sa loi au bas et non l’inverse. Un coureur ne se résume pas à une paire de jambes musclées. Les sprinteurs en sont l’exemple. Si la fréquence et l’amplitude de leur foulée sont élevées, c’est parce qu’ils possèdent un buste et des bras puissants, tout en recherchant un relâchement optimum. Pas question ici de leur ressembler mais simplement d’appréhender cette logique.

La tête ni en avant, ni en arrière

D’abord la tête. De son bon positionnement dépend le bon placement de l’ensemble de la colonne vertébrale et par conséquent du bassin. La tête doit être parfaitement alignée dans l’axe de la colonne vertébrale, ni trop penchée en avant ni trop en arrière. Une tête trop tirée vers l’arrière entraînera un placement de bassin en rétroversion et donc une hyper cambrure lombaire, appelée lordose. Conséquences : des microtraumatismes au niveau des vertèbres lombaires (pincements importants sur les derniers disques intervertébraux) mais également cervicales ; une perte d’énergie due au mauvais alignement du dos ; une course en “cycle arrière” avec des genoux qui ne montent pas assez.

À contrario, une tête orientée vers l’avant (souvent à cause d’un regard se portant sur le sol et non sur l’horizon) pose les problèmes suivants : un buste penché en avant et donc une foulée durant laquelle le coureur charge l’appui de manière excessive. La foulée est saccadée et manque de fluidité. À la clé, microtraumatismes sur les chevilles, les genoux et le dos.

La solution : habituez-vous à courir en regardant loin devant vous, sur le sol mais à 20 ou 30 mètres, et non la pointe de vos runnings !

Les mains bien alignées

Autre élément important de la partie haute du corps : la main. 70 à 80 % des coureurs rencontrent des difficultés dans le placement et le relâchement de leurs mains. Les doigts doivent être légèrement écartés et repliés sur eux-mêmes. La main doit être dans l’alignement de l’avant-bras et non cassée vers l’intérieur ou l’extérieur. Une main cassée vers l’intérieur – ce que l’on constate le plus souvent – a pour conséquence d’écarter le coude de l’axe médian du corps.

Ce léger écartement du bras a des répercussions directes sur l’attitude du coureur : une mise en tension du deltoïde (muscle de l’épaule) engendrant des tensions au niveau des cervicales ; un bras qui passe devant la poitrine lorsque la main avance et un coude qui s’écarte de manière encore plus importante lorsqu’il repart en arrière – ce que les entraîneurs appellent « courir en essuie-glace ». Dans ce cas, un mouvement parasite s’opère inévitablement afin de compenser le déséquilibre créé par ce mauvais placement du bras et de l’avant-bras et ayant pour origine une main mal positionnée et souvent crispée.

La solution : munissez-vous de deux feuilles de papier format A4 que vous roulerez à la façon d’un parchemin (4 à 5 cm de diamètre). L’exercice consiste à courir avec une feuille roulée dans chaque main en prenant garde de ne jamais froisser le papier, de maintenir les feuilles à la verticale durant tout le mouvement, aussi bien vers l’avant que vers l’arrière, et de ne pas se retrouver avec une feuille face au menton.

Exercez-vous durant 10 à 20 mn à chaque échauffement et vous obtiendrez des résultats surprenants.

On respire avec le ventre

Plus complexe, la respiration, problème récurrent lorsqu’on débute en course à pied et même chez des coureurs plus confirmés. Chez les débutants, la sensation de manquer d’air, d’être asphyxié est liée à des phases d’apnée plus ou moins régulières. Autrement dit, une respiration anarchique. Chez les autres, la gêne respiratoire est due à un mauvais relâchement du muscle diaphragme et donc à une respiration que l’on appelle haute.

La solution : vous devez prendre l’habitude de respirer avec le ventre et non avec les poumons. Entraînez-vous à respirer en laissant votre ventre se gonfler et non vos côtes. Pour comprendre et vous y aider, allongez-vous sur le sol, torse nu ou en tee-shirt, et amusez-vous à respirer profondément en vérifiant qu’à chaque inspiration, votre abdomen se soulève et non votre poitrine.

Vous adopterez le même réflexe en courant. Votre sangle abdominale doit être ferme mais permettre au diaphragme de descendre. Cela favorise le relâchement des épaules, ce qu’empêche une respiration haute. Dernier conseil : en courant, concentrez-vous sur l’expiration et non sur l’inspiration. Car à l’inverse de l’inspiration, l’expiration n’est pas un réflexe de survie et doit donc être contrôlée. Le remplissage pulmonaire n’en sera que meilleur.