Traiter les tendinites par onde de choc

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Mal du coureur s’il en est, la tendinite peut être traitée grâce aux ondes de choc. Thérapie encore rare, mais efficace.

Utilisée depuis plus de vingt ans en urologie, la thérapie par ondes de choc est entrée plus récemment dans la médecine du sport. Objectif : le traitement des pathologies chroniques et notamment les tendinoses.

Les ondes de choc radiales sont provoquées par un impact pneumatique direct ou par l’intermédiaire d’un percuteur qui est directement en contact avec la peau (10 impulsions par seconde). L’énergie est ensuite dissipée en pénétrant dans les tissus jusqu'à une profondeur de 3 cm.

Les éléments anatomiques superficiels sont facilement atteints mais les éléments plus profonds nécessitent d’exercer une pression pour que la sonde soit plus proche de la zone à traiter.

Action chimique et mécanique

Comment agissent les ondes de choc ? D’abord, à travers une action chimique par la libération d’endorphines locales, ce qui explique que les douleurs s’amenuisent au fur et à mesure de la séance. Ensuite, par les actions mécaniques suivantes :

- action défibrosante, qui se rapproche de celle des massages transversaux profonds : les ondes de choc provoquent l’assouplissement forcé d’une zone cicatricielle fibreuse.

- destruction des cellules à l’origine de la douleur.

- augmentation du métabolisme local.

- transformation d’une zone d’inflammation chronique en une zone d’inflammation aiguë et par là créer une néovascularisation.

Pour bien comprendre, il est nécessaire de rappeler ce que sont les tendinopathies. Dans un premier temps, les lésions correspondent microscopiquement à une altération des fibres de collagène associée à des phénomènes cicatriciels. Une lésion qui peut évoluer vers une cicatrisation normale ou pathologique, stable ou instable. Au stade chronique, le tendon peut être le siège d’une fissure ou d’une cicatrice pathologique (nodule ou kyste) située en plein corps du tendon et bien palpable ; c’est surtout à ce stade que les ondes de chocs sont très efficaces.

Les modalités

La technique d’application est de 2 000 coups par séance, à une fréquence qui varie de 4 à 15 Hz (soit 4 à 15 coups par seconde) selon la pathologie. La pression pneumatique exercée peut aussi varier de 1,5 à 4 bars. La durée d’une séance est de trois à dix minutes et on réalise de trosi à six séances selon les localisations et les pathologies à traiter. Les séances sont souvent douloureuses mais ne nécessitent que rarement une anesthésie locale.

Les indications

Ce traitement est indiqué dans différentes pathologies tendineuses, calcifiées ou non. Dans ces différentes localisations, l’expérience montre un taux de succès de l’ordre de 70 % pour les tendinites réfractaires, c’est-à-dire celles qui ont échoué aux autres traitements : infiltrations, kinésithérapie, appareillage, ainsi que les douleurs chroniques de plus de six mois d’évolution.

Parmi les indications chez le coureur à pied, on notera :

- Tendinite d’Achille et rotulienne

- Aponévrosite plantaire

- Tendinites d’insertion haute des ischios-jambiers

- Périostite

- Cicatrices fibreuses de lésions musculaires.

Les résultats seront acquis environ 3 semaines après la dernière séance et l’entraînement pourra souvent être continué pendant le traitement.

Une thérapie coûteuse

Attention, le traitement des tendinites par ondes de choc est encore une thérapie coûteuse, ce qui peut expliquer aussi qu’elle ne soit pas encore couramment pratiquée et généralement réservée aux tendinites réfractaires aux autres traitements. Outre le coût de la machine, qui avoisine les 20 000 e, il faut envisager celui des « consommables » et notamment la sonde, qui doit être remplacée tous les six mois. Attention, les séances ne sont pas intégralement prises en charge par la Sécurité sociale.

Effets secondaires et contre-indications

Hématome de la peau et traitement souvent douloureux.

Contre-indications :

- grossesse

- infections locales

- troubles de la coagulation ou les patients sous anticoagulants

- proximité du tissu pulmonaire.

Par Nicolas Bompard, médecine et traumatologie du sport, Clamart (92)