Mahiedine Mekhissi en route pour le marathon

Mahiedine Mekhissi en route pour le marathon
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C’est un Mahiedine Mekhissi tout juste de retour d’Ethiopie que nous avons pu rencontrer lors du semi-marathon de Paris. La nouvelle recrue Adidas, bien que visiblement fatiguée, s’est montrée plus qu’enthousiaste face à ses futurs challenges. Avec, en ligne de mire, le marathon des JO de Paris en 2024 !

Jogging International : Mahiedine, vous vouliez refaire une saison de cross, votre discipline d’origine, cette année, mais les championnats de Normandie se sont terminés plus tôt que prévu pour vous.

Mahiedine Mekhissi : Oui, j’ai abandonné dès le 1er km. Une boisson acide qui est mal passée. Je suis déçu, car des gens étaient venus pour moi et je veux être l’ambassadeur de cette belle discipline. Mais je reviendrai en 2019 !

JI : Avant ça, il y a les championnats d’Europe à Berlin cet été. Vous vous concentrez sur votre spécialité, le 3000 steeple ?

Non, je veux doubler le steeple et le 5000 m. Je ne peux pas faire le 1500 m et le steeple, ça me permettra donc de faire dans la nouveauté. Mon but est bien sûr de rester le meilleur sur 3000 steeple, mais réussir à gagner en plus le 5000 ferait de moi le premier à avoir été champion d’Europe sur 1500, 3000 steeple et 5000 m. De toute façon, si je veux gagner le 3000 steeple aux JO de Tokyo en 2020, je dois progresser sur 5000, trouver un équilibre. Je ne me considère pas comme un spécialiste, je suis un coureur au sens large, je dois être bon partout.

« Je veux faire le marathon des JO de Paris »

JI : Au sens large, ça veut dire que la route vous tente ?

Oui, avec un objectif : être au départ des JO de Paris, en 2024, sur le marathon !

JI : Donc, vous vous concentrerez sur cet objectif après votre carrière sur piste ?

Non, pas du tout, je veux commencer dès maintenant en m’alignant sur un semi puis sur un premier marathon en fin d’année pour découvrir. Dans l’idéal, ce que j’aimerais faire, c’est ce qu’a fait Mo Farah sur le marathon de Londres (NDLR : le champion britannique n’avait couru que le premier semi), en ne le faisant que partiellement, disons les 30 premiers kilomètres. Le but est de tâter l’ambiance en tête de course, de voir comment ça se joue tactiquement, d’observer les meilleurs…

JI : Vous avez d’ailleurs couru avec Mo Farah en Ethiopie.

Oui, on s’est fait de bonnes séances de 30 km à 20 km/h de moyenne !

JI : Vous n’avez pas peur que ce soit difficile de concilier tout ça ? Je veux dire votre carrière sur piste, les envies de cross, le passage sur la route ?

Non. Encore une fois, je suis un coureur, je dois savoir tout faire. J’aime ça, c’est ma vie…

JI : Et après ?

Après ma carrière de coureur ? Je resterai dans le sport quoi qu’il arrive. Pas forcément dans la course à pied. Coach, manager, je ne sais pas encore.