25e Marathon des Sables 2010, du 2 au 12 avril : sixième étape

Erg Znaigui – Merzouga : 21,1 km.
Le

Samedi 10 avril : Etape 6 : Erg Znaigui – Merzouga : 21,1 km

Dernière étape : de la sueur et des larmes.

Encore une fois les départs furent échelonnés ce matin. A 08h00, les cinquante derniers concurrents, c’est à dire ceux dont l’organisation pouvait légitimement penser qu’ils mettraient le plus de temps pour rejoindre la dernière arche d’arrivée.

La première vague est comme une cohorte d’éclopés.
C’est donc une cohorte d’éclopés, certains avec des béquilles, qui se sont rendus écouter les instructions de course de Patrick Bauer sous un ciel un peu voilé et après une nuit plutôt fraîche.
Environ une heure plus tard, le reste des concurrents sont également au départ, les yeux fixés vers l’Erg Znaigui, première difficulté de la journée.
Environ 3,5 km de jolies dunes en formes de barcanes bien marquées, qui donnent ensuite sur des plateaux vallonnés de pierres noires, qui tranchent après l’orange du sable qui est encore porteur à cette heure de la journée.
En laissant à leur droite le jebel Debouaâ, les concurrents atteignent ensuite le village de M’Fis que l’on aborde par une petite montée dans une poussière fine d’une couleur indéfinissable, entre marron et rouge, très foncée.
Il s’agit d’un hameau construit autour d’une exploitation minière abandonnée, avec un côté décor de film, notamment lorsque l’on traverse les ruines de l’ancienne société.

Entre dunes et ruines de Mfis.
A ce point au Km 9,7, c’est Mohamad Ahansal (D 1 – MAR) qui mène le train, suivi de près par Salameh Al Aqra (D 391 -JOR) et Abdelaziz Aît Abdelouahed (D 9 –MAR), qui passent dans les ruelles de maisons délabrées dans le même temps que les premiers coureurs partis une heure plus tôt dans la vague des cinquante derniers au classement général d’hier.
AU CP 1 au km 14, il reste la partie la plus emblématique de ce Sultan Marathon des Sables à parcourir, c'est-à-dire les 7,7 kilomètres de traversée d’Est en Ouest de l’erg Merzouga, constitué des plus hautes dunes du Maroc.
Les coureurs sont euphoriques, quel que soit leur classement, ils franchissent, à leur rythme mais dans l’allégresse, même les marcheurs, ces vagues immenses de sable devenu mou avec la chaleur, même si le temps est resté plutôt couvert cette journée.

marathon des sables 2010

Mohammed Ahansal, vainqueur de toutes les étapes cette année.
Mohamad Ahansal surgit d’entre les dunes comme porté par l’exclamation générale des centaines de personnes venues assister à l’arrivée, les applaudissements redoublent lorsqu’il saute littéralement, avec un bond de près de deux mètres la dernière face abrupte de l’ultime mur de sable, pour exulter de joie en franchissant la ligne d’arrivée deux petites minutes devant son poursuivant jordanien.
Par la suite, c’est une file ininterrompue de « finishers » qui se présentent dans les bras de Patrick Bauer pour recevoir la médaille dont ils ont tous tant rêvé.
Les larmes coulent d’abondance, les hurlements de joie, ou de satisfaction d’avoir été toléré par ce Sahara que l’on dit impitoyable. Les embrassades, les congratulations entre coureurs et les remerciements à Patrick pour cette belle édition semblent ne jamais en finir.
L’émotion noue les gorges de tous ceux qui sont présents, à les voir, ces marathoniens des sables, qui en terminent d’une édition à la fois grandiose et physiquement très difficile.

L’émotion déborde en torrents sur la ligne d’arrivée.
Le 25ème anniversaire du Sultan Marathon des Sables aura été à la hauteur de cette commémoration, à tous les points de vue.
La recette du MDS est simple : un peu d’eau pour pouvoir courir, des litres de sueur pour mesurer l’effort et des rivières de larmes à l’arrivée.
L’eau humanise le désert et le nourrit d’une vie extraordinaire, et le fait trembler d’amour autant sous les brumes de chaleur qui nourrissent les mirages.
Une fois de plus, le Sahara qui accueille les concurrents d’une affection un peu brutale aura marqué les esprits profondément.
Cette communion, chacun la ressent, et lors du départ vers Ouarzazate, rares sont ceux qui résistent à l’envie, une dernière fois, de l’embrasser des yeux comme pour lui dire : « A bientôt dès que possible…. Inc’h Allah… »

Classement provisoire de l’étape :
1) Mohamad Ahansal (D 1 - MAR): 01h 33’ 20’’
2) Salameh Al Aqra (D 391 -JOR) : 01h 35’ 26’’
3) Abdelaziz Aît Abdelouahed (D 9 –MAR) : 01h 36’ 33’’

Classement général provisoire :
1) Mohamad Ahansal (D 1 - MAR): 19h 55’ 08’’
2) Salameh Al Aqra (D 391 -JOR) : 20h 46’ 30’’
3) Michael Wardian (D 698-USA): 23h 11’ 03’’

Classement féminin provisoire de l’étape :
1) Laurence Archambault (D 80 – FR) : 02h 15’ 20’’
2) Allessia Bertolino (D 1032- ITA) : 02h 15’ 24’’
3) Luisa Balsamo (D 604-ITA) : 02h 16’ 32’’

Classement général provisoire féminin :
1) Monica Viladomiu Aguilera (D 1020-ESP) : 29h 54’ 11’’
2) Jolanda Linshooten (D 90-NDL) : 30h 30’ 09’’
3) Jennifer Salter (D 936 – GBR) : 30h 48’ 36’’

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Bivouac 6 : N30 58.073 W3 54.662
Point de contrôle 1 : N31 04.384 W3 56.825
Ligne d’arrivée : N31 05.401 W4 00.310