Point de vue D’ATHÈNES

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De retour d’Athènes, Dominique visionne ses images souvenirs, sauvegarde certaines, en efface d’autres et regrette de n’avoir pu en faire un peu plus…

Acteur lors des Jeux Olympiques il y a 12 ans, j’en garde peu de souvenirs, j’étais dans ma bulle, concentré sur mon objectif. À l’inverse, spectateur privilégié de ces JO d’Athènes, les images se bousculent dans ma tête. Chaque soirée deux ou trois frissons d’émotion m’envahirent comme seul le sport peut en apporter. Un exploit par ci, un podium émouvant par là, un mouvement de public par ailleurs… J’ai envie de visionner avec vous les images de mon appareil numérique. J’efface ou je sauvegarde ?

Je garde les dernières lignes droites d’El Guerrouj sur le 1 500 et 5 000 mètres. L’Homme des Jeux, athlète ô combien méritant, dans sa durée, sa simplicité, sa malchance passée et surtout par sa volonté de ne jamais céder, de toujours y croire ! Autre image, celle de cette triathlète autrichienne parcourant les 10 km à pied de son triathlon en moins de 34 minutes pour remporter le titre olympique dans les derniers mètres après avoir doublé une trentaine de concurrentes ; fantastique suspens ! Je garde et j’agrandis l’image de Corinne Raux à l’arrivée de son marathon battant au sprint une Italienne sur le stade antique… pour une quinzième place. La planification de l’entraînement, la programmation des compétitions et le résultat se déroulant comme une recette de cuisine réussie, à point le jour J. Je garde évidemment l’image de l’élégance pour le vainqueur du marathon masculin, ce bel italien de Baldini, toujours placé lors des grands rendez-vous, au sens inné de la tactique de course, adepte de la 2e moitié de course plus rapide (le negative split), et prouvant que les Européens pouvaient battre les Africains.
Demain, Pékin. Les Chinois sont déjà à l’entraînement
Des joies, mais des peines aussi : l’orgueilleuse Paula Radcliffe pensait dominer aisément adversaires et difficultés du marathon féminin. En pleine détresse à partir du 35e lorsqu’elle se retrouva 4e puis irrémédiablement lâchée, refusant l’échec et préférant l’abandon à une 10e place. Ce manque d’humilité laissera une trace sur son image de championne. Image de diva de la piste pour notre Christine Arron nationale, victime de la pression ; pour l’avoir côtoyée là-bas, je sais que derrière une apparence hautaine, c’est tout simplement une femme réservée et discrète.

J’efface au plus vite les photos des tricheurs, ces lanceurs hongrois couverts d’or, trafiquants d’urines pour passer à travers des contrôles, celle de ce spectateur fou en kilt (!) voulant plaquer au sol le leader du marathon masculin au nom de dieu et de je ne sais quelle prophétie.

J’aurais bien aimé garder des images des autres marathoniens de la sélection française, mais je n’en ai pas ! Entre la nouvelle absence de Benoît Z – après les mondiaux de Paris- et les résultats catastrophiques des autres, que faut-il invoquer ? Préparation, programmation… J’enrage devant l’absence d’un véritable esprit d’équipe marathon. Sans doute ma passion qui me dévore.
Mais passons, et tournons-nous vers demain, vers Pékin. La route est longue… et les Chinois déjà à l’entraînement, sans état d d’âme !

Rubrique "Entre nous", par Dominique Chauvelier

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