14e Sparnatrail, petits clichés d’un jour

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Le Sparnatrail, c’est une course. Mais pas seulement. C’est également une tranche de vie. En voici quelques morceaux.

Il y aura eu l’avenue de Champagne. Promptement offerte au Jogging Club d’Epernay Champagne par la municipalité d’Epernay. Il est vrai qu’un départ donné à 7h45 un dimanche matin ne va pas engendrer de gros soucis de circulation ni mécontenter les habitants du quartier. Un petit coup du « When the streets have no name » de U2 pour libérer les 500 participants ne réveillera même pas en sursaut les prestigieuses façades des « Champs Elysées » sparnaciens, plongés dans un profond sommeil.
Quelques minutes plus tard, il faudra se rendre à une autre évidence : la barrière du Pont-Malot abaissée, la sécurité des coureurs peut être menacée lorsque le gros de la troupe s’y présentera. Alors que l’on distingue déjà la silhouette des premiers arrivants, la décision est prise d’aménager une boucle de contournement. La boucle ? Un sillon boueux de 300 mètres comparable à la mythique « tranchée d’Arenberg » de Paris-Roubaix, et qui met les trailers dans le bain. Les petits pavés carrés de la grande artère sparnacienne sont déjà loin.
Il y aura eu trois courses organisées conjointement. Voilà le « p’tiot Sparnatrail », nouveau venu. Destiné à des participants effrayés par les 55,7 km de la classique ou sachant ne pas avoir l’envie plus alerte que les jambes. Autre innovation, une course de relais. Une épreuve de vitesse diraient d’aucuns puisque les trailers, en binôme, ne sont-ils pas censés aller plus rapidement avec un demi-parcours à leur menu ? Bien entendu, ce n’est pas si simple… Au final, quelques têtes en l’air s’engageant sur le long au lieu de bifurquer vers l’arrivée. Ou des éreintés dont une terre amoureuse à souhait aura vidé les réserves plus rapidement que prévu et qui profiteront du point de démarcation entre le « p’tiot » et son grand frère pour retrouver plus tôt que prévu un peu de chaleur au Hall Pierre-Gaspard. Bref, des broutilles pour les organisateurs. Et tout le monde s’en félicite.

Il y aura eu cette question revenant au hasard des quelques personnes croisées dans le Parc de l’Abbaye d’Hautvillers. « Où sommes-nous ? » Pour mieux apprécier l’instant, un moment de quiétude après avoir gravi, depuis les abords de la Marne, une pente au fort pourcentage. Les trailers sont décidément des épicuriens. Pendant que certains récupèrent tête basse de leur effort précédent, d’autres ont la bonne idée de la tourner pour apercevoir, d’un promontoire sans pareil, la ville d’Epernay qui tente d’émerger complètement de son enveloppe nuageuse. Les habitués de cette traversée privilégiée d’un site historique du champagne se font plus taquins : « Il est où, Dom Pérignon ? ». Pas loin, pas loin…
Il y aura eu Michel Verhaeghe et sa troisième victoire. Mais on apprécie autant ce palmarès qui inspire le respect que ses neuf participations. Depuis le temps, on le connait, Michel. D’ailleurs, au sein de la petite caravane du Sparnatrail, on l’appelle tout simplement Michel. On sait qu’il a dans les jambes l’Endurance Trail des Templiers mais on est confiant en ses capacités. Plus que lui, qui a tenu malgré tout à répondre présent car il s’agit d’un coin où il se sent bien. Une terre de régénération, en quelque sorte, la boue champenoise.
Enfin, il y aura eu les autres, tous les autres. Les 500 participants, les 80 membres de l’organisation. Parmi tous ceux-là, des fidèles et d’autres qui découvrent. Le Sparnatrail, c’est leurs petites anecdotes. C’est leur bonheur d’être là.

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