Dynamique de groupe

Chronique 233
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Est-ce l’importance prise par mon club sarthois ou un a priori plus général ? Je suis toujours surpris quand des joggers me lancent des « oui mais nous, on fait ça pour le plaisir… » Comme si le plaisir de courir était proscrit en club, comme si la volonté de progresser à travers une structure, de courir plus vite aussi était une tare. Rassurez-vous, le plaisir en course à pied n’est pas proportionnel à la vitesse, même s’il faut reconnaître que les sensations de facilité, d’aisance à se déplacer plus vite sont fort agréables. Rassurez vous encore porter un maillot de club reconnaissable ne classe pas non plus le coureur en professionnel par rapport à l’amateur que resterait le modeste jogger ;. Il n’y a pas d’un côté celui qui court par obligation et celui qui se fait plaisir.

Si la quête de performance ou de résultats est évidente dans un club, cela n’est pas tout. Le coureur modeste qui adhère au club se place presque toujours d’abord dans une démarche de progression, encadrée, mais aussi entourée.

Je reçois régulièrement des demandes de plan d’entraînement d’amis à qui j’avais transmis ma passion de la course il y a quelques années, des lecteurs, des inconnus souvent, dont je pourrais résumer ainsi le propos : « ça fait deux ans que je cours, je sens que je plafonne, or j’aimerais progresser » Tiens donc ! Face à ce désir annoncé de progresser, de courir mieux, mon premier conseil est toujours de rejoindre une structure, association, club de coureurs… C’est une démarche logique, qui suit la course à pied pour l’hygiène de vie, et le premier Jogging International… Le décryptage du jargon pédestre des plans d’entraînement, les conseils – même les plus simples et les meilleurs- appliqués seul dans son coin sont parfois un casse tête. On essaie, on se lance dans son plan, on se plie aux différentes séances, on fractionne, on fait des sacrifices ; et puis le résultat arrivé, c’est parfois le vide de nouveau.

Je fais quoi, je recommence ?

Le premier intérêt du groupe est d ‘éviter ce vide. Du premier conseil qu’on prend auprès de ce voisin qui court régulièrement jusqu’à l’invitation à se joindre au « clan » qui part tous les dimanches matin en forêt. Premier rendez-vous… Tiens, je ne suis pas largué ! ; déculpabilisation, premiers petits exercices de fractionné, « je vais plus vite, c’est plus facile… » Reste cette interrogation : « Si je viens dans votre club, vous allez m’obliger à participer à des courses ? » Nullement, le club c’est d’abord le plaisir d’une passion à partager, se rassurer, découvrir une autre famille et un mode de vie. Quand la compétition vient, le club règle les soucis administratifs, inscriptions, déplacements… Et puis il y a la fierté d’appartenir à un groupe qu’identifie le fameux maillot, que l’on reçoit avec fierté et qu’on voudra toujours honorer, en suivant les conseils de l’entraîneur du club, qui va s’occuper de vous. L’effet de groupe booste la motivation… ce sont déjà quelques minutes de gagnées avant d’avoir couru.

Une première course, un premier marathon… Peu importe le chrono, vous devenez instantanément « le champion » dans votre entourage. Un exemple pour quelqu’un qui court seul… Éternel recommencement.

Rubrique "Entre nous", par Dominique Chauvelier