Tous Athlètes !

Chronique 292
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Amateurs, professionnels, licenciés, non-licenciés… quelles différences ? L’histoire rapporte que les premiers coureurs à pied datent du début du XIXe siècle, quand des paris se faisaient sur des “valets de pied” et autres “pédestrians” professionnels repérables à leurs casaques et toques bariolées, tels des jockeys d’aujourd’hui. En 1880, le premier club français, appelé le Racing Club de France, est créé par des lycéens ; quatre ans plus tard, arrive sur notre territoire le premier championnat d’athlétisme avec un 100 m, un 400 m, un 1 500 m et un 120 m haies exclusivement réservés aux hommes. Imprégné de cette culture anglo-saxonne, le baron Pierre de Coubertin, défenseur de l’“amateurisme”, rétablit en 1896 les jeux Olympiques antiques.

Quel chemin jusqu’à Londres 2012 qui se prépare dans un univers de business à faire pâlir le baron ! La Fédération française d’athlétisme sera créée en 1920. Et cette institution, dont le président, Bernard Amsalem, vient d’être réélu, compte actuellement 180 000 adhérents, répartis en licences Athlé Compétition, licences Athlé Santé Loisir et autres Pass Running…

Ma quarantième licence en main, je m’interroge sur mon sport de toujours. L’athlé, tendance ou dépassée? Vous, coureurs et lecteurs de Jogging que je côtoie toute l’année, sur tous les types de courses, faites évidemment partie de cette famille de l’athlétisme. Et pourtant, pour la plupart d’entre vous, le mot “athlète” reste réservé aux rois du stade, sprinter supersonique ou perchiste sidérale, alors qu’il concerne avec autant de force le marathonien en 4 h 17 que vous êtes devenu. Une autre aventure humaine et sportive. Toutes et tous, aventuriers du macadam ou du chemin, qui constituez ce contingent “hors stade” de centaines de milliers de coureurs, échappez pour la plupart à cet environnement fédéral. Les portes de la FFA vous sont pourtant largement ouvertes, qui ne concerne pas que les fervents de la piste et des chaussures à pointes.

Pour cheminer depuis quarante années sur ce circuit, démarré sur la piste et les labours du cross pour continuer sur les routes (jusqu’au plus tard possible), je mesure aujourd’hui l’évolution dans cette structure, à travers les clubs, qui permettent à tous les types d’athlètes de s’épanouir, sur la piste comme en dehors. C’est vrai, je le reconnais, la démarche d’intégrer un club peut paraître difficile si on l’oppose à cette notion de liberté totale et d’évasion qui fait l’essence même du running hors stade. « Pourquoi entrer dans un cadre, une structure, alors que je peux pratiquer librement, sans contrainte », me dit-on fréquemment ? Les mêmes, souvent, qui ont envie, besoin, de conseils de coaching, pour adopter le terme à la mode, et qui trouveraient tout cela et bien plus encore au sein d’un club.

Des conseils personnalisés, adaptés au niveau de chacun, l’émulation du groupe, les encouragements, les félicitations, la reconnaissance, la motivation… Tout ce que j’ai connu depuis mon plus jeune âge se perpétue en mieux aujourd’hui. Il y a de la place pour tous dans l’athlé. De l’école de la piste pour les minots jusqu’à l’accueil des retraités qui se mettent à courir. Il ne manque plus qu’une licence remboursée par la Sécurité sociale, finalement…

Rubrique "Entre nous", par Dominique Chauvelier